Des mesures pour relancer l'investissement des PME

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DES MESURES POUR RELANCER L'INVESTISSEMENT DES PME
DES MESURES POUR RELANCER L'INVESTISSEMENT DES PME

par Elizabeth Pineau et Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - Confronté à une stagnation de l'économie française, François Hollande a annoncé lundi des mesures en faveur de la trésorerie et de l'investissement des petites entreprises, ainsi qu'une relance du secteur du logement.

La Banque publique d'investissement (BpiFrance) mettra en place le 1er janvier 2015 un fonds de garantie des crédits de trésorerie jusqu'à 50.000 euros pour 10.000 très petites entreprises (TPE), a dit le chef de l'Etat à l'issue d'assises de l'investissement à l'Elysée.

Il a également confirmé que la BPI expérimenterait la transformation des créances bancaires sur les petites et moyennes entreprises (PME) et les sociétés de taille intermédiaires (ETI) en titres cessibles (titrisation).

Cette expérience sera menée dans un premier temps sur un portefeuille de crédits bancaires pouvant aller jusqu'à trois milliards d'euros. L'Etat et la BPI comptent sur les compagnies d'assurance pour racheter ces titres.

L'idée est de permettre un refinancement des encours de crédits aux PME et ETI et de réduire ainsi la consommation en fonds propres des banques commerciales engagées dans le financement de ce type de sociétés, a expliqué le directeur général de la BPI, Nicolas Dufourcq.

"La BPI organisera le rachat de crédits que les banques ont faits aux PME en offrant sa garantie", a précisé François Hollande. "Les banques pourront, avec ce mécanisme encadré, augmenter largement leur capacité de prêts".

Selon Nicolas Dufourcq, d'autres institutions que la BPI travaillent sur la "titrisation" des crédits immobiliers.

LA CGPME SATISFAITE

Le président de la CGPME, Jean-François Roubaud, qui a participé à l'une des tables rondes, s'est montré satisfait des annonces présidentielles : "Ça nous permet de rassurer les chefs d'entreprise sur l'évolution des investissements."

Il voit notamment dans le fonds de garantie des crédits de trésorerie un moyen de "sauver de la mort" des milliers de TPE.

François Hollande a également annoncé le lancement dans les trois mois d'une campagne sur le respect de la loi en matière de délais de paiement - un mal dont souffrent TPE et PME.

"Si la loi était respectée, 10 milliards d'euros de trésorerie seraient rendus aux entreprises", a-t-il fait valoir.

Selon l'Insee, l'investissement des sociétés non financières a baissé en France de 0,7% au premier trimestre et de 0,8% au deuxième. Les patrons de l'industrie manufacturière anticipent une quasi stabilité sur l'ensemble de 2014 (+1,0%).

Or les économistes estiment que l'investissement est l'un des principaux moteurs qui manquent à l'économie française.

François Hollande a pour sa part rappelé que 60.000 PME disparaissaient chaque année faute de trésorerie.

Le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, avait déploré auparavant que les entreprises françaises financent en France leurs investissements essentiellement par l'endettement.

LOGEMENT

Parmi d'autres mesures annoncées par François Hollande figure le financement par l'Etat et la Caisse des dépôts et consignations à hauteur de 1,9 milliard d'euros de 25.000 logements intermédiaires supplémentaires sur cinq ans.

Les fonds investis par l'Etat (un milliard d'euros) proviendront de cessions de participations de l'Etat dans les entreprises, a-t-il précisé.

En matière de réorientation de l'épargne, il a évoqué sans entrer dans les détails des mesures fiscales pour encourager des investissements longs et un recours partiel aux 200 milliards d'euros des fonds des caisses de retraites complémentaires.

"Sur 200 milliards, un seul milliard est investi dans les PME et ETI", a-t-il dit. "Notre objectif est de redéployer au moins cinq milliards de ces fonds vers les PME et les ETI."

Les assises coïncident en outre avec la promulgation des derniers textes d'application d'une réforme de l'assurance vie dont le gouvernement espère la réorientation, par le biais de nouveaux produits, de 200 milliards d'euros vers l'économie.

Organisées à la veille du discours de politique générale du Premier ministre, Manuel Valls, cette conférence s'inscrivait dans une série de rendez-vous annoncés à la conférence sociale de juillet, entre la réunion de mercredi dernier sur la mise en oeuvre du pacte de responsabilité dans les principales branches et une autre sur l'apprentissage, vendredi à l'Elysée.

(Edité par Yves Clarisse)

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  • b.renie le mardi 16 sept 2014 à 07:09

    Les financements sont nécessaires. Il faut les prévoir. Mais c'est aux banques commerciales de faire leur boulot car la BPI c'est encore l'Etat donc le contribuable qui prend le risque final. On en sort pas. Il faut libérer l'économie : c'est à dire remettre au travail les chômeurs et pour cela d'une part libérer le marché du travail des contraintes d'une autre époque qu'il fait perdurer dans son état actuel et aussi réduire la dépense publique pour réduire les impôts

  • denios42 le lundi 15 sept 2014 à 22:20

    Ils veulent favoriser l'emprunt long-terme et court terme des PME/TPE et Macron déplore que les entreprises investissent via l'endettement... C'est à ne rien y comprendre.

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