Des manifestations de taxis perturbent le trafic

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"OPÉRATIONS ESCARGOT" DES TAXIS
"OPÉRATIONS ESCARGOT" DES TAXIS

PARIS (Reuters) - Les taxis ont mené des "opérations escargot" mercredi sur plusieurs axes majeurs d'Ile-de-France, à la suite d'un appel à manifester dans plusieurs capitales européennes pour dénoncer la concurrence des véhicules de tourisme (VTC).

Sept fédérations de taxis français (FNDT, FFTP, FNAT, FNTI, GESCOOP, Unit et Sud) se sont jointes à l'appel lancé par les taxis de Londres, qui ont dans le collimateur la société Uber, éditrice de l'application numéro un pour la réservation de VTC dans le monde.

Dans la capitale britannique, on s'attendait à ce que des milliers de taxis manifestent, peut-être jusqu'à 12.000, en début d'après-midi. Des taxis bloquaient également Madrid, où deux syndicats représentant 90% des taxis ont appelé à une grève de 24 heures, et Barcelone.

En France, ils étaient des centaines à mener, à 08h30 GMT, des "opérations escargots" sur l'autoroute A1 entre Paris et l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, sur l'A86 qui permet de rallier l'aéroport d'Orly, ainsi que sur l'A4 et l'A106 en direction de Paris, dit Bison Futé dans un communiqué.

Ce mouvement de paralysie des voies d'accès aux aéroports coïncide avec une grève des cheminots qui perturbait fortement le trafic.

Les taxis manifestaient aussi à Marseille, où la faible mobilisation a cependant conduit une centaine de chauffeurs à délaisser les abords de la gare Saint-Charles pour concentrer leur mouvement sur les abords de l'aéroport Marseille-Provence.

Un barrage filtrant l'accès principal aux terminaux a provoqué un bouchon de retenue d'une demi-douzaine de km.

Après plusieurs mois de fronde des taxis français, le député Thomas Thévenoud a remis le 24 avril au Premier ministre un rapport visant à trouver une régulation acceptée aussi bien par les taxis que les VTC.

Il préconise de permettre à ces derniers de se développer mais en les encadrant mieux et en réservant aux taxis le privilège prendre des clients dans la rue, sans réservation.

Le député propose aussi de soumettre les chauffeurs de VTC à une formation et leur véhicule à un contrôle technique tous les six mois.

Les fédérations de taxis regrettent l'absence de mesure forte visant à limiter la concurrence, comme le fait de ne pas imposer de course minimum aux VTC ou de ne pas restreindre le recours au régime d'auto-entrepreneur.

Le patron d'Uber en France, Pierre-Dimitri Gore-Coty, a estimé une nouvelle fois mercredi que les VTC étaient complémentaires des taxis et répondaient à un besoin de transport.

"Je constate simplement qu'il y a une demande qui a été laissée insatisfaite et que cette demande, des acteurs comme Uber viennent l'assouvir avec une solution de transport flexible, fiable et abordable", a-t-il dit sur RTL.

"Je ne pense pas que ce soit une concurrence déloyale (...) la différence fondamentale est la capacité de maraude", a-t-il ajouté en soulignant que les VTC ne pouvaient prendre de clients dans la rue.

(Gregory Blachier, avec Jean-François Rosnoblet à Marseille, édité par Yves Clarisse)

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