Des manifestations de chômeurs dégénèrent en Tunisie

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    TUNIS, 20 janvier (Reuters) - La police tunisienne a fait 
usage de grenades lacrymogènes mardi pour disperser plusieurs 
centaines de demandeurs d'emploi qui s'étaient rassemblés dans 
au moins quatre villes du pays pour réclamer du travail, deux 
jours après le suicide d'un jeune chômeur, rapportent des 
témoins. 
    Le ministère de l'Intérieur a annoncé l'instauration d'un 
couvre-feu nocturne à Kasserine, la ville où Ridha Yahyaoui 
s'est donné la mort et où a eu lieu la première manifestation. 
    Mais des incidents se sont poursuivis au cours de la nuit et 
se sont étendus aux villes de Tahla, Fernana et Meknassi, a 
rapporté l'agence de presse TAP.  
    Les manifestants ont défilé aux cris de "Travail, liberté, 
dignité", selon un habitant. A Meknassi, des groupes de jeunes 
gens sont descendus dans les rues et ont incendié des pneus par 
solidarité avec les manifestants de Kasserine, a déclaré Mahdi 
Horchani, un habitant.  
    La "révolution de jasmin", qui a donné le coup d'envoi du 
printemps arabe, était partie des émeutes ayant suivi la mort, 
le 4 janvier 2011, de Mohamed Bouazizi, un vendeur ambulant qui 
s'était immolé par le feu à Sidi Bouzid. 
    Plusieurs des chômeurs rassemblés mardi à Kasserine ont 
menacé de se suicider deux jours après Ridha Yahyaoui, qui, 
selon des témoins, a mis fin à ses jours faute d'avoir pu 
obtenir un emploi dans la fonction publique. 
    Malgré la révolution, le chômage est passé de 12 à 15,3% 
entre 2010 et la fin 2015, alors qu'un tiers des demandeurs 
d'emplois possèdent des diplômes universitaires. 
    A Kasserine, chef-lieu d'une des régions les plus 
défavorisées de Tunisie, les chômeurs représentent environ 30% 
de la population active.  
    A Tunis, l'Union générale du travail (UGTT), premier 
syndicat national qui menaçait d'appeler à la grève générale, 
s'est entendue mardi avec l'Union tunisienne de l'industrie, du 
commerce et de l'artisanat (UTICA) sur des revalorisations 
salariales concernant un million et demi d'employés du secteur 
privé. 
 
 (Tarek Amara, Jean-Philippe Lefief, Guy Kerivel et 
Jean-Stéphane Brosse pour le service français) 
 
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