Des manifestants contre l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, le 10 novembre 2012 à Rennes

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Près de 10.000 personnes sont attendues samedi dans le bocage nantais pour manifester leur opposition au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes défendu par le pouvoir socialiste, une affluence et des têtes d'affiche inédites jusque-là, avec Jean-Luc Mélenchon, Olivier Besancenot ou Eva Joly.Les manifestants doivent se rassembler à 11h00 dans le bourg de Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes, qui compte habituellement moins de 2.000 habitants, avant de se diriger vers la "Zad", "Zone d'aménagement différé" dédiée au projet d'aéroport et rebaptisée par ses opposants "Zone à défendre". Après un mois d'expulsions et de destructions par les forces de l'ordre de ce qui s'était transformé, en l'espace de trois à quatre ans, en "plus grand squat à ciel ouvert d'Europe" cette manifestation est dédiée à la "réoccupation"."Armés" de matériaux de construction et d'outils, les manifestants entendent, dans un premier temps, reconstruire samedi un "lieu de rencontre et d'accueil" pour les opposants à l'aéroport.La préfecture de Loire-Atlantique, qui attend "un peu moins de dix-mille personnes", a indiqué que la manifestation n'était pas interdite et qu'il n'y aurait pas d'intervention des forces de l'ordre pendant toute sa durée, sauf en cas de dérapage. Néanmoins, "les constructions illégales ont vocation à disparaître", a prévenu dès vendredi le préfet de Loire-Atlantique Christian de Lavernée. Depuis le 16 octobre, les forces de l'ordre ont ainsi assuré la destruction de treize fermes désaffectées et d'une vingtaine de sites sur lesquels des cabanes, au sol ou dans les arbres, avaient été bâties.conditions spartiates Conditions spartiates Quelque 150 "squatters", opposants anti-capitalistes à l'aéroport qui se sont progressivement joints à partir de 2005-2006 à l'opposition historique d'habitants et d'agriculteurs locaux, se sont retrouvés sans abri mais, habitués à vivre dans des conditions spartiates, ils n'ont pas quitté la zone.Le mélange entre cette population activiste et parfois marginale, et la manifestation "familiale et conviviale" voulue par ses organisateurs, est l'une des principales interrogations sur le déroulement de la manifestation. De même, les personnalités politiques connues comme le co-président du parti de gauche Jean-Luc Mélenchon, l'ancien porte-parole du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) Olivier Besancenot, ou plus encore les parlementaires Europe Ecologie-Les Verts (EELV) auxquels il est reproché d'avoir passé un accord de gouvernement avec le PS, pourraient essuyer quelques reproches, insultes ou tensions.Toutefois, un premier "tour" dans la zone vendredi des parlementaires EELV s'est passé sans accroc en dépit des craintes.En l'absence de forces de l'ordre ou d'institutionnels, certains militants radicaux pourraient aussi s'en prendre aux médias, souvent décriés par les anti-aéroports. Les organisateurs de la manifestation ont exprimé le souhait de les accréditer et de limiter leur accès à certains lieux, notamment le chantier de reconstruction.L'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, dont la concession a été attribuée au groupe Vinci pour 55 ans, est destiné à remplacer l'actuel aéroport de Nantes à partir de 2017. Selon ses partisans, il permettra de faire face à la saturation à venir de l'infrastructure existante, Nantes Atlantique, implanté et enclavé au sud de l'agglomération, tandis que pour ses opposants il est possible d'adapter l'actuel aéroport à la progression du trafic aérien.Il a été déclaré d'utilité publique en 2008. Les travaux pour l'échangeur routier doivent débuter début 2013 et ceux de l'aéroport en 2014.

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