Des maisons flottantes pour lutter contre les inondations ?

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Deux ministères ont lancé un appel à projets qui consiste à valoriser desconstructions innovantes qui pourraient contrer les inondations. En France, un habitant sur quatre est potentiellement exposé. Le risque continue de s'accroître.

Plus de 200 victimes et plus de 20 milliards d'euros de dégâts générés par les inondations, entre 1982 et 2010. Le constat est édifiant, et les prévisions inquiétantes: le risque d'inondation est en constante augmentation. Voilà des raisons suffisantes pour que le gouverment s'intéresse très sérieusement à ce problème. Ségolène Royal, ministre de l'Écologie et Sylvia Pinel, ministre du Logement, ont lancé vendredi dernier le Grand prix d'aménagement: «comment mieux bâtir en terrains inondables constructibles».

Objectif: promouvoir des solutions et des projets de construction innovants pour rendre les habitants moins vulnérables aux risques d'inondation. Les lauréats, choisis parmi les les professionnels du secteurs, seront désignés en juin 2015. Ils peuvent s'inscrire en ligne, sur le site du gouvernement. «La France a malheureusement des années de retard dans ce domaine car elle a toujours privilégié les barrages ou les digues pour maîtriser l'eau alors que ce système a ses limites», explique au Parisien l'architecte Sylvain Pasquier. Exemple significatif de ces limites: la tempête Xynthia, qui avait touché la côte ouest de la France, en février 2010. Malgré les digues, des lotissements entiers avaient alors été noyés par la mer, et 47 personnes avaient péri. Plus récemment,???

La maison flottante, une alternative pour les zones inondables?

«Plutôt que de vouloir à tout prix lutter contre l'eau, il faut apprendre à vivre avec», souligne avec sagesse Sylvain Pasquier. «Vivre avec», cela veut dire l'apprivoiser, et l'intégrer aux constructions. Dans certains pays voisins comme aux Pays-Bas, cette réflexion est déjà devenue un automatisme. «Amsterdam cherche à exploiter cette eau qui est partout», expliquait une architecte dans un reportage publié par Le Monde. En France, quelque 19.000 communes qui sont soumises au risque d'inondation, pendant qu'un Français sur quatre est potentiellement concerné.

Face à cela, des solutions d'habitations alternatives existent: logements construits sur pilotis, habitations surélevées sur des buttes artificielles... La société Batifl'o - située à Pau - est spécialisée dans ce type de constructions, et propose plusieurs habitations flottantes à la surface et au prix variable. Pour l'architecte Français Stéphane Malka, cette initiative est un trompe-l½il. «Ségolène Royal voit dans cet appel d'offre une échéance de mandat électoral à court terme, et non une vraie solution pérenne», explique-t-il. «Ils nous parlent d'innovation alors qu'il ne s'agit en réalité que de mettre en lumière des techniques déjà bien exposées au marché de la construction. La maison flottante est une solution connue depuis des siècles.»

Pour autant, ces mécanismes sont bien des solutions à long terme. «Au regard de la surpopulation mondiale et des futurs réfugiés climatiques, il faudrait développer des mégastructures flottantes, villes nomades ou sédentaires tels des plates formes pétrolifères», continue Stéphane Malka. «Il faudrait recréer une réelle typologie de ce que signifie l'habitat en rapport avec l'eau, comme par exemple utiliser les flux aquatiques et les vents pour générer une véritable ville verte, autonome énergétiquement», conclut-il.

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