Des lunettes moins chères pour les personnes âgées

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A partir d'aujourd'hui, l'association Optique solidaire lance le «pass lunettes». Un dispositif qui s'adresse aux personnes âgées de plus de 60 ans bénéficiaires de l'aide à la complémentaire santé (ACS) et dont les revenus sont compris entre 648 et 816 euros.

C'est la concrétisation d'un projet de longue haleine qui doit voir le jour en début de semaine. L'association Optique solidaire lance ce lundi le «pass lunettes». Un dispositif qui s'adresse aux personnes âgées de plus de 60 ans bénéficiaires de l'aide à la complémentaire santé (ACS) et dont les revenus sont compris entre 648 et 816 euros. De 8000 à 10.000 personnes devraient ainsi recevoir prochainement un bon pour bénéficier d'un parcours santé à prix coûtant, comprenant la consultation chez l'ophtalmologiste, et l'achat des lunettes à verres progressifs chez un opticien.

Pas de low cost

«Nous travaillons sur ce projet depuis 3 ans», explique Xavier Subirana, ophtalmologiste et président de l'association Optique solidaire. Il explique que l'idée inspirée par la chaire HEC «Social Businee/Entreprise et pauvreté» que co-préside Martin Hirsch a mobilisé toute la filière. «Danone est l'une des pionnières du social business, mais en l'occurrence nous nous sommes dits qu'il était bien plus performant de faire appel à toute la filière qu'à une entreprise». À ce jour, 13 complémentaires santé (dont Ag2r La Mondiale, April, Groupama...), 500 opticiens, des industriels comme Essilor et des ophtalmologistes ont concentré leur force pour permettre l'aboutissement du concept. «Il ne s'agit pas d'une action caritative qui suppose un don. Ici les gens paient pour obtenir leurs lunettes», précise Nicolas de Lambert, patron d'Essilor France. Au final, le patient devraient débourser, au plus, quelques dizaines d'euros, au lieu d'environ 300 euros aujourd'hui. «Il s'agit d'un modèle économique novateur où l'on ne gagne ni ne perd d'argent. Et ce n'est pas du low cost, précise Xavier Subirana, les gens achètent la matière première et la technologie. Tout le reste est couvert par les efforts consentis sur les marges à différents échelons par la filière. La consultation chez le médecin se fait à prix réduit pour être remboursable intégralement». Pour le moment, Nicolas de Lambert avoue même qu'Essilor enregistre des pertes. Pour produire les verres, et assembler les onze modèles de lunettes proposés par le pass, l'entreprise fait notamment fonctionner son usine de Toulouse en dehors des heures de production habituelle.

140.000 personnes concernées

Mais pour que le projet soit un succès, il faut faire connaître le dispositif. Testé en fin d'année à Marseille, le «pass lunettes» a fait la preuve de son utilité mais a aussi révélé la difficulté à atteindre la cible. «Nous savons que certaines personnes âgées jettent le bon car elles pensent qu'il s'agit d'une publicité», regrette Xavier Subirana. A ce titre, le rôle des complémentaires santé est primordiale car ce sont elles qui doivent repérer les personnes qui peuvent en bénéficier. «Plus le nombre de mutuelles partenaires du projet augmentera plus nous pourrons toucher de personne», ajoute le président de l'association. Des pourparlers sont d'ailleurs en cours avec de nouvelles complémentaires. Les premiers patients de la région parisiennes devraient obtenir leur équipement début juin. Ce sera un peu plus long pour la province du fait du nombre plus restreint de médecins ophtalmologistes. Puis une seconde phase sera lancée d'ici la fin de l'année. A terme 140.000 personnes devraient profiter du «pass lunettes». Les partenaires espèrent en outre que leur initiative donnera des idées à d'autres filières.

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