Des logements de fonction EDF bientôt en Bourse

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Ces maisons d’une centaine de mètres carrés avaient été achetées pour loger les salariés près des centrales nucléaires.

Les logements de fonction EDF vont-ils séduire les investisseurs? En tout cas, Powerhouse Habitat qui possède 7000 maisons et appartements occupés par des agents EDF prépare son entrée en Bourse. Jeudi après-midi, cette entreprise qui appartient à un groupe immobilier indépendant, Twenty-Two Real Estate, a déposé son document de base auprès de l’AMF (Autorité des marchés financiers). Le temps d’obtenir le visa de l’AMF et de lancer la souscription, cette introduction sur les marchés financiers devrait intervenir fin juin.

«Nous nous positionnons comme la foncière spécialiste de l’immobilier locatif avec des loyers abordables», résume Daniel Rigny, président de Powerhouse, qui a un joli récit à raconter à la Bourse. Les 7000 logements qu’il loue à EDF ont en effet une longue histoire. Lors de la construction des centrales nucléaires françaises, au cours des années 1970-80, l’électricien historique devait loger ses salariés dans un rayon de 25 km autour du site pour qu’ils puissent être disponibles très vite en cas de problème. L’entreprise publique a donc acheté des logements disséminés dans des lotissements alentour. Essentiellement des maisons de taille moyenne, un peu plus de 100 m². À côté de Gravelines dans le Nord, de Cattenom dans l’Est, de Flamanville en Normandie… Ces logements sont loués aujourd’hui entre 8 et 12 euros le m2 contre 6 euros pour des HLM.

En 2000, EDF les a cédés à la Deutsche Bank. Il y a deux ans, Twenty-Two Real Estate a finalement racheté ce portefeuille au fonds d’investissement LBO France qui était devenu coactionnaire aux côtés de Deutsche Bank. Rebaptisée Powerhouse, cette société dont le patrimoine est estimé à 1,2 milliard d’euros offre un profil sécurisé: son locataire, EDF, a signé des baux qui vont jusqu’en 2033. Et si des centrales étaient démantelées? Si le site de Fessenheim fermait comme l’avait promis François Hollande?

Une foncière très rentable

«Ça prend vingt à vingt-cinq ans pour démanteler une centrale nucléaire, répond Daniel Rigny. Et nous n’avons que 120 maisons à côté de Fessenheim.» Quant à la proximité des centrales nucléaires, elle n’affecte pas la valeur des logements, selon Daniel Rigny: «Lorsque nous vendons des maisons ou des appartements, notamment à des agents EDF, c’est au prix du marché, explique-t-il. Car nos logements ne sont pas à côté des centrales mais souvent à plusieurs kilomètres de ces sites.» Du coup, cette foncière est très rentable. Elle dégage un résultat opérationnel de 46 millions d’euros pour un chiffre d’affaires (les loyers) de 70 millions d’euros.

Powerhouse veut aller en Bourse pour lever des capitaux et assurer la croissance. «Nous voulons racheter des portefeuilles de logements en région pour qu’à l’horizon 2018 notre parc se monte à 20.000 unités, affirme Daniel Rigny. Des logements loués soit à des entreprises comme dans le schéma EDF, soit à des particuliers.» Pour mener ce projet à bien, Powerhouse espère lever 370 millions d’euros lors de cette introduction sur Euronext.

Ce pari de créer de la valeur avec un portefeuille de logements peut paraître étonnant alors que les grandes foncières sont sorties de cette classe d’actifs, estimant que ce n’était pas assez rentable. Daniel Rigny a sa réponse: «A la différence des institutionnels, nous avons une plate-forme de gestion, Scaprim, avec 150 personnes réparties dans seize bureaux qui a industrialisé la gestion des relations entre propriétaire, locataires et occupants.»

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