Des journalistes mis en examen en marge de l'affaire Bettencourt

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BORDEAUX (Reuters) - Le rédacteur en chef du Point, Hervé Gattegno, et son directeur, Franz-Olivier Giesbert, ont été mis en examen jeudi pour "atteinte à l'intimité de la vie privée" après la publication en 2010 d'enregistrements clandestins de l'héritière de L'Oréal Liliane Bettencourt, a-t-on appris auprès de leurs avocats.

Des responsables du site d'informations Mediapart, autre auteur de ces publications, sont convoqués début avril pour être

poursuivis pour les mêmes motifs par le même magistrat, Jean-Michel Gentil.

La Cour de cassation, plus haute juridiction française, infirmant des décisions de juridictions inférieures, a estimé en octobre dernier que l'information du public n'était pas un but légitime suffisant pour justifier la publication car les enregistrements, réalisés par un majordome, constituaient une "atteinte à l'intimité de la vie privée".

Le magazine Le Point et le site internet d'information Mediapart ont dû indemniser dans l'intervalle Liliane Bettencourt et son ancien gestionnaire de fortune Patrice de Maistre, qui se sont vu accorder 7.000 euros chacun.

Le tribunal de Paris et la cour d'appel avaient validé dans un premier temps les publications des enregistrements en estimant qu'il était dans l'intérêt du public de connaitre ce que des conversations entre la femme la plus riche de France et son gestionnaire de fortune, enregistrées en secret, révélaient.

Elles montrent que Liliane Bettencourt fraudait le fisc et que Patrice de Maistre avait embauché l'épouse du ministre UMP du Budget Eric Woerth pour "lui faire plaisir", disait-il.

Les propos tenus démontrent aussi les liens étroits entre l'entourage de Liliane Bettencourt et l'Elysée sous Nicolas Sarkozy et laissaient soupçonner un financement politique de l'UMP par la fortune Bettencourt.

Cet arrêt de la Cour de cassation ne remet pas en cause l'exploitation de ces enregistrements pour engager des poursuites pénales sur ces faits, en cours à Bordeaux. Ces enregistrements, même s'ils sont le produit d'un délit, sont recevables comme preuves dans ces poursuites, estime la justice sur le fondement d'une jurisprudence.

Claude Canellas, avec Thierry Lévêque à Paris, édité par Patrick Vignal

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