Des islamistes disent détenir 41 Occidentaux en Algérie

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PRISE D'OTAGES OCCIDENTAUX EN ALGÉRIE, À IN AMENAS
PRISE D'OTAGES OCCIDENTAUX EN ALGÉRIE, À IN AMENAS

par Lamine Chikhi

ALGER (Reuters) - La "katiba des Moulathamine", un groupuscule issu d'Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), détient 41 Occidentaux de neuf à dix nationalités sur une exploitation gazière dans le sud-est de l'Algérie, rapportent mercredi deux médias régionaux en citant les islamistes.

L'opération armée sur ce site situé près de la localité d'In Amenas, non loin de la frontière libyenne, aurait fait au moins deux morts, un Britannique et un Algérien, selon l'agence de presse algérienne APS.

Une source algérienne a évoqué la mort d'un ressortissant français, mais cette information n'a pas été confirmée de source officielle, pas plus que la présence possible d'un ou plusieurs Français parmi les otages.

"Une prise d'otages a lieu en Algérie (...) avec un nombre de personnes retenues dont nous ne pouvons pas encore connaître l'exactitude, et de même pour les ressortissants français qui pourraient être concernés", a dit François Hollande lors de ses voeux aux parlementaires, assurant être en liaison permanente avec Alger.

Selon le gouvernement algérien, les assaillants sont dirigés par Mokhtar Belmokhtar, un vétéran d'Aqmi qui a fondé son propre groupe en décembre dernier. Ils seraient au nombre d'une vingtaine et ne seraient originaires ni du Mali, ni de Libye, "ni d'aucun autre état frontalier".

Une source gouvernementale française avait auparavant incriminé des activistes venus de Libye.

"Un groupe terroriste, fortement armé et utilisant trois véhicules, a lancé une attaque ce vendredi à 05h00 (05h00 GMT) contre une exploitation de la Sonatrach (la société pétrolière publique algérienne, ndlr) à Tigantourine, près d'In Amenas, à environ 100 km de la frontière algéro-libyenne", a déclaré le ministre algérien de l'Intérieur Daho Ould Kablia.

"Les autorités algériennes ne répondront pas aux demandes des terroristes et ne négocieront pas", a-t-il assuré à la télévision algérienne, cité par APS.

Un porte-parole du groupe islamiste cité par l'agence de presse mauritanienne Ani et Sahara Media, une agence proche des insurgés, a déclaré que l'attaque avait été menée "en réaction à l'ingérence flagrante de l'Algérie autorisant l'usage de son espace aérien par l'aviation française pour mener des raids contre le nord du Mali".

"SIGNATAIRES PAR LE SANG"

Selon Ani, les islamistes exigent la fin des opérations militaires françaises au Mali en échange de la sécurité des otages.

Citant une source au sein de ce groupe, l'agence mauritanienne rapporte qu'ils ont repoussé dans la soirée un assaut de l'armée algérienne, après avoir prévenu que toute tentative pour libérer les otages conduirait à une "fin tragique".

Les Etats-Unis ont reconnu que des Américains figuraient parmi les otages, sans toutefois confirmer le chiffre de sept avancé par Ani.

Treize Norvégiens sont concernés, a annoncé de son côté le Premier ministre norvégien, Jens Stoltenberg, précisant qu'il s'agit d'employés de la société pétrolière Statoil, qui exploite le gisement avec le britannique BP et la Sonatrach.

Selon diverses sources, il y aurait aussi cinq Japonais, un Autrichien, un Irlandais et plusieurs Britanniques.

Jointe dans la journée par téléphone, une des personnes retenues sur le site a déclaré au quotidien Le Figaro que les agresseurs avaient miné la base, où seraient retenues au total 400 personnes.

"Les terroristes nous ont dit qu'ils avaient miné la base. Ils détiennent une quarantaine d'otages étrangers, mais nous ne trouvons pas tous au même endroit. Ils ont demandé de l'eau et de la nourriture pour une soixantaine de personnes et ont chargé des véhicules appartenant à British Petroleum", a-t-elle dit.

L'agence APS a par la suite affirmé que tous les otages algériens avaient été libérés, mais le P-DG de la société CIS Catering, Régis Arnoux, a déclaré au JDD.fr que 150 employés algériens étaient encore retenus sur place.

Il a par ailleurs parlé d'un "groupe d'une soixantaine de terroristes venus de pays voisins, surarmés et très bien équipés".

La "katiba des Moulathamine", qui signifie "signataires par le sang", est dirigée par Mokhtar Belmokhtar, ancien membre du Groupe islamique armé (GIA) algérien et du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) qui a donné naissance à Aqmi.

Les islamistes radicaux d'Ansar Dine, l'un des mouvements qui tiennent le nord du Mali, ont également menacé la France de représailles après son intervention militaire dans son ancienne colonie, entamée vendredi dernier.

Avec Laurent Prieur à Nouakchott et les rédactions de Paris, Londres et Oslo, Jean-Philippe Lefief et Tangi Salaün pour le service français, édité par Bertrand Boucey

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