Des IAS aux interdictions de manifester ?

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Des IAS aux interdictions de manifester ?
Des IAS aux interdictions de manifester ?

Depuis plusieurs mois les manifestations contre la loi travail se multiplient. À Paris, Nantes, Toulouse, Rennes, Marseille et dans beaucoup d'autres villes, les manifestants battent le pavé et parfois le jettent. En ce mardi 14 juin, le secrétaire générale de la CGT Philippe Martinez a même promis que ce serait " énorme " ! En réponse à cela, le gouvernement a (encore) dégainé sa nouvelle arme : les "interdictions de manifester", une pratique proche des "interdits de stade", ou IAS, propre au milieu des supporters de football. Retour sur une filiation non-avouée.

Le 30 avril dernier, le gouvernement décidait de faire passer en force le projet de "loi travail" de Myriam El Khomri grâce à l'article 49,3 de la Constitution. Une initiative qui n'a évidemment pas du tout calmé les ardeurs de ses principaux opposants, dans la rue depuis le 9 mars, et qui a conduit à l'organisation de nombreuses manifestations, parfois suivies d'affrontements entre des militants anticapitalistes de diverses obédiences et les forces de l'ordre… Des affrontements qui ont régulièrement monopolisé la une des médias et face auxquels le ministère de l'Intérieur a décidé de sortir une arme inédite : les interdictions administratives de manifester. Plus de 200 auraient été distribuées dans toute la France depuis la journée de mobilisation nationale du 12 mai dernier par différentes préfectures et une nouvelle vague a été lancée et pas moins de 130 pour la manifestation unitaire de ce mardi 14 juin.


Si l'annonce de ces interdictions administratives de manifester a pu surprendre jusque dans les rangs politiques et syndicaux, elle possède un étrange arrière goût pour les supporters français, qui les subissent depuis plus de dix ans. Sur les réseaux sociaux d'ailleurs, beaucoup d'ultras se sont amusés à rappeler leur antériorité en la matière et l'indifférence que leur sort avait en général suscité. Il s'avère en tout cas frappant de constater que finalement, les deux logiques fondent leurs usages sur le même détournement d'intention annoncée. En effet, l'interdiction administrative de stade a été introduite dans le droit français avec la loi du 23 janvier 2006 relative à la lutte contre le terrorisme. Concernant les interdictions administratives de manifester, il s'agit plus précisément d'arrêtés de séjour se basant, entre autres, sur la loi relative à l'état d'urgence - élaborée en 1955 dans une France en pleine guerre coloniale - et en place depuis les attentats de novembre. Ces derniers interdisent notamment aux individus à qui ils sont délivrés, l'accès à certains quartiers par lesquels passe une manifestation.

Des décisions "…




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