Des hôtels transformés en logements sociaux

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La SNI, filiale de la Caisse des dépôts, négocie l’achat de Formule 1 et Première Classe pour y loger des personnes en difficulté.

Le projet devrait aboutir à l’automne. Adoma, l’ex-Sonacotra, qui gère notamment des foyers de travailleurs, va racheter 75 à 80 hôtels très économiques (Formule 1, Première Classe…) en périphérie des grandes villes pour y loger des publics en difficulté (SDF, migrants, familles monoparentales…). En tout, cette filiale de la SNI (Société nationale immobilière), elle-même filiale de la Caisse des dépôts, disposera ainsi de 7000 chambres pouvant accueillir 10.000 personnes, la moitié en région parisienne, la moitié en province.

L’intérêt de la démarche? Aujourd’hui, ces publics sont souvent répartis dans des hôtels où ils occupent des chambres à côté des clients classiques. Ils ne bénéficient d’aucun accompagnement social et leur hébergement coûte très cher à l’État qui en assume le coût: 750 millions d’euros par an dans la seule Île-de-France, soit 17 à 18 euros par nuitée. «Pour 17 euros, nous allons en plus de l’hébergement gérer l’accompagnement social, qu’il s’agisse d’aider les migrants à scolariser leurs enfants ou à remplir un dossier pour obtenir des papiers. Et il n’y aura plus que nos publics dans ces établissements », explique Thomas Le Drian, directeur de cabinet du président du directoire de la SNI, André Yché, en charge de ce dossier. Adoma est qualifiée pour cet accompagnement social car cette société le dispense déjà dans ses foyers de travailleurs.

Pas de kitchenette

Contacté, AccorHotels ne commente pas. Quant à Louvre Hotels Group, il n’était pas joignable mercredi. Les discussions sont avancées et la transaction devrait être conclue d’ici à fin juillet. Comme AccorHotels et Louvre Hotels Group ont du mal à remplir leurs Formule 1 et Première Classe, ils seraient prêts à les céder à un prix acceptable. Lors de la présentation des résultats annuels 2015, les dirigeants d’Accor-Hotels avaient reconnu que ses hôtels low-costs ont «besoin de se réinventer, selon Sébastien Bazin, PDG d’AccorHotels. Un projet doit aboutir en 2016». La possibilité de transformer certains Formule 1 en hébergements sociaux de très long terme avait alors été évoquée.

Pour financer l’opération, la SNI est en train de créer un fonds d’investissement de 200 à 250 millions d’euros. Moitié en fonds propres, moitié en dettes. Il compte y faire entrer des compagnies d’assurance-vie ou des mutuelles à qui il promet un rendement annuel de 3,5 % sur douze ans. La SNI devrait boucler ce fonds très vite car elle a l’expérience de ce type de véhicule: mi-2015, pour un fonds d’un peu plus de 1 milliard d’euros pour réaliser 10.000 logements intermédiaires, elle avait réussi à recruter 17 investisseurs institutionnels (CNP, Cardi, Allianz, Aviva…).

Dernier obstacle à franchir, la SNI doit obtenir la transformation du régime de résidence à vocation sociale afin de pouvoir accueillir au moins 80 % de publics en difficulté contre 30 % aujourd’hui. Ce changement est inscrit dans la loi égalité et citoyenneté qui devrait être votée au plus tard à l’automne. Un décret doit aussi dispenser ces futurs hôtels sociaux d’équiper chaque chambre d’une kitchenette. Ce serait une dépense excessive selon Adoma. Si le groupe public tient cet agenda très serré, les premiers SDF, migrants ou familles monoparentales seront accueillis dès cet automne.

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