Des hélicoptères irakiens bombardent les insurgés à Tikrit

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BAGDAD (Reuters) - Des hélicoptères de l'armée irakienne ont ouvert le feu sur le campus de l'université de Tikrit, vendredi, pour tenter d'en déloger les insurgés sunnites qui se sont emparés du fief de l'ancien dictateur Saddam Hussein le 11 juin dernier.

L'organisation Human Rights Watch (HRW) a indiqué de son côté que l'analyse de photos et d'images satellites "laissait fortement penser" que les djihadistes de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) avaient commis des exécutions de masse à Tikrit après avoir conquis la ville au début de leur offensive.

Selon HRW, l'EIIL a exécuté jusqu'à 190 hommes sur deux sites distincts. Ce nombre pourrait être beaucoup plus élevé mais il est difficile de retrouver les corps et impossible de se rendre sur place pour enquêter, a souligné l'organisation des droits de l'homme.

L'armée irakienne a lancé jeudi une attaque aéroportée sur Tikrit en transportant des commandos dans le stade de la ville à bord de trois hélicoptères, dont l'un s'est écrasé après avoir été touché par les tirs des insurgés.

"J'ai quitté la ville avec ma famille ce matin (vendredi). On entendait les tirs des hélicoptères", a témoigné Farhan Ibrahim Tamimi, un professeur d'université qui a trouvé refuge dans une ville voisine.

Les insurgés sunnites, dont la progression fulgurante vers le Sud s'est arrêtée à environ une heure de route de Bagdad, tentent de consolider leurs positions dans les régions à forte population sunnite qu'ils ont occupées à la faveur de la débandade de l'armée irakienne.

Au sud-est de Mossoul, la deuxième ville du pays prise le 10 juin, des combattants sunnites ont investi six villages habités par la petite minorité chiite Shabak à l'issue de combats avec les peshmergas kurdes qui tentaient de sécuriser la région, a déclaré un élu de la communauté shabak.

Les médias officiels chinois ont par ailleurs rapporté vendredi qu'un millier d'ouvriers chinois, bloqués par les combats sur le chantier d'une centrale électrique dans le nord de l'Irak, avaient commencé à être évacués par voies aérienne et terrestre.

(Raheem Salman, avec Ben Blanchard à Pékin; Tangi Salaün pour le service français, édité par Jean-Stéphane Brosse)

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