Des groupes rebelles syriens condamnent la fédération kurde

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    BEYROUTH, 18 mars (Reuters) - Plusieurs groupes de rebelles 
syriens ont condamné vendredi la décision des Kurdes de 
proclamer une fédération autonome dans le nord de la Syrie. 
    Les trois zones du pays contrôlées par les forces kurdes ont 
approuvé jeudi la création d'une entité "fédérale démocratique", 
malgré les mises en garde de Damas et d'Ankara. Washington, qui 
soutient les combattants kurdes syriens, a également rejeté 
cette initiative.   
    Dans un communiqué, les groupes rebelles, dont certains sont 
membres du Haut Conseil des négociations (HCN) présent aux 
discussions de paix de Genève, accusent les Kurdes de chercher à 
"exploiter" l'insurrection contre le président Bachar al Assad 
pour démembrer la Syrie. 
    Ils condamnent "certains groupes qui ont pris le contrôle 
d'une partie du territoire syrien et cherchent à y établir leurs 
propres entités raciales, nationalistes et religieuses". 
    Le communiqué compare ces groupes kurdes aux djihadistes de 
l'Etat islamique (EI) et présente le parti kurde PYD et sa 
milice YPG comme des organisations terroristes. 
    Par ailleurs, Haytham Manaa, coprésident arabe du Conseil 
démocratique syrien (CDS), alliance politique d'opposition qui 
réunit Arabes, Kurdes et représentants d'autres communautés, a 
également dénoncé la décision "inopportune" des Kurdes. 
    "Nous rejetons cette initiative unilatérale et demandons aux 
Kurdes d'y renoncer et de travailler dans le cadre du CDS", a 
déclaré à Reuters Haytham Manaa, s'exprimant au nom de son 
parti, le Mouvement Qamah. 
    Manaa codirige avec le Kurde Ilham Ahmed le CDS, formé en 
décembre dernier après une réunion dans le nord-est du pays dans 
le but de permettre l'émergence d'une Syrie laïque et 
démocratique. 
    Le parti kurde PYD (Parti de l'Union démocratique) qui 
appartient au CDS aux côtés d'Arabes, d'Assyriens et de 
Turkmènes, a pourtant été l'un des principaux artisans de la 
déclaration d'autonomie de jeudi. 
    "Un parti au sein du CDS (le PYD) a pris cette initiative de 
son propre chef", a déploré Manaa. "Nous sommes pour une Syrie 
démocratique et décentralisée mais quand nous en parlons c'est à 
condition que ce système corresponde à la situation, aux 
circonstances et que ce soit le peuple syrien qui décide" a-t-il 
ajouté. 
    "Cela ne peut pas être imposé par une seule formation 
s'appuyant sur ses combattants dans une région donnée", a 
poursuivi Haytham Manaa.  
    Les Forces démocratiques syriennes (FDS), bras armé du CDS, 
sont alliées aux Unités de protection du peuple (YPG), la milice 
du PYD. 
    Le CDS n'a pas été convié aux discussions de paix en cours à 
Genève. Manaa a été invité à titre personnel mais il a refusé de 
se rendre dans la ville suisse. 
 
 (John Davison et Lisa Barrington; Guy Kerivel pour le service 
français) 
 
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