Des fleurs pour « consoler les âmes »

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Des fleurs pour « consoler les âmes »
Des fleurs pour « consoler les âmes »

Nice (Alpes-Maritimes) De nos envoyés spéciaux

Claude , 53 ans, s'avance vers l'un des multiples mémoriaux aménagés sur la promenade des Anglais, aux endroits mêmes où la folie a pris la vie d'innocents. Il se signe puis dépose dix roses blanches qui rejoignent orchidées, lys, glaïeuls et marguerites, entre autres. « Ce n'est pas ça qui les fera revenir, mais c'est ma manière de leur dire que je ne les oublierai jamais », confie ce chômeur de Digne-les-Bains (Alpes-de-Haute-Provence) qui a fait 160 km pour venir se recueillir. Comme lui, ils sont des milliers, Français et touristes de tous les continents à fleurir en continu depuis vendredi ces mini-sanctuaires, dans l'espoir de « consoler les âmes » comme on peut le lire à côté d'un bouquet. « C'est une petite marque d'affection locale », résume Christian, retraité ayant opté pour des oeillets. Car ici, terre de mimosas, les fleurs sont sacrées. Elles colorent l'un des plus célèbres marchés au monde, celui du cours Saleya dans le Vieux-Nice, mais aussi les chars du carnaval. « Elles sont synonymes de fête. Mais cette fois, elles expriment notre chagrin. Mais aussi notre envie de nous relever. Car une fleur, ça s'épanouit, ça meurt puis ça ressuscite car les racines ne disparaissent jamais », dit Marie-Lou, une rose rouge et deux roses blanches en offrande. Près d'un lapin doudou, un message reprenant une citation de Pablo Neruda semble lui donner raison : « Nos ennemis peuvent couper toutes nos fleurs, mais ils ne seront jamais maîtres du printemps. »

 

« Les fleurs s'invitent aux mariages comme aux enterrements. Elles sont le témoignage de pensées sincères », souligne Régine qui, avec sa petite-fille, a fait « quatre stations de tram pour trouver un fleuriste ouvert. Il n'avait plus de roses blanches, alors on a opté pour des marguerites », montre-t-elle à deux pas d'un coeur de pétales dessiné sur le bitume ensanglanté. Beto, un ...

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