Des explosions font 27 blessés à Dniepropetrovsk, en Ukraine

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Des explosions font 27 blessés à Dniepropetrovsk, en Ukraine
Des explosions font 27 blessés à Dniepropetrovsk, en Ukraine

par Olja Aouïezov

KIEV (Reuters) - Vingt-sept personnes, dont neuf enfants, ont été blessées vendredi par quatre bombes dissimulées dans des poubelles à Dniepropetrovsk, ville de l'est de l'Ukraine, et le parquet ukrainien a décidé de traiter ces actes comme "terroristes".

Le président Viktor Ianoukovitch a déclaré que les explosions, six semaines avant le déroulement en Ukraine d'une partie du championnat d'Europe des Nations de football, étaient "un défi (...) pour tout le pays".

Dniepropetrovsk, à 400 km de la capitale Kiev, ne fait pas partie des quatre villes où seront joués des matches de l'Euro 2012, qui se déroulera aussi en Pologne, du 4 juin au 1er juillet.

Les explosions mettent néanmoins le gouvernement ukrainien dans une position délicate : il avait affirmé que la sécurité des dizaines de milliers de supporters attendus serait pleinement assurée.

La police, qui donne un chiffre de 27 blessés, a précisé que les bombes avaient été dissimulées dans des poubelles. Le parquet a ouvert une enquête criminelle contre "un acte de terrorisme", bien que les autorités n'aient pas émis d'hypothèse sur l'identité des coupables et leurs motivations.

Le ministre de l'Intérieur s'est immédiatement rendu à Dnipropetrovsk et y a ordonné le renforcement des forces de police. Une séance d'urgence s'est ouverte au Parlement.

La Russie, voisine de l'Ukraine, a proposé son aide pour enquêter sur l'affaire, et la Pologne a jugé qu'il fallait réagir "très sérieusement" à l'événement.

"Les attentats sont quelque chose d'assez exceptionnel dans notre région (...), le contexte de l'Euro 2012 nous rend particulièrement sensibles à ce genre d'événements", a dit le Premier ministre polonais, Donald Tusk.

LA VILLE EN PANIQUE

Les attentats à la bombe sont rares dans l'ancienne république soviétique et les explosions ont choqué la ville de Dniepropetrovsk, qui compte 1,3 million d'habitants.

"Je venais de sortir de chez moi quand j'ai vu des gens fuir dans les rues, en criant 'Des explosions !'", a raconté Tetiana, une journaliste de 50 ans. "C'est la panique dans la ville, les gens enlèvent leurs enfants des écoles et se précipitent chez eux."

Les explosions ont eu lieu à peu d'intervalle les unes des autres, dans le centre de la ville, près de lieux fréquentés.

La première, à 08h50 GMT, s'est produite près d'un arrêt de tram où elle a blessé 13 personnes. La deuxième en a blessé 11, une demi-heure plus tard, à côté d'un cinéma, selon un communiqué du ministère des Situations d'urgence.

La troisième a suivi peu de temps d'après, près d'un parc où elle a blessé deux personnes. Enfin, la quatrième, également dans le centre, n'a pas fait de victimes, selon le ministère.

Dniepropetrovsk est un des principaux centres industriels d'Ukraine. C'est là que l'ancien président Léonid Koutchma a débuté sa carrière politique. La ville est en outre le lieu de naissance de l'opposante et ex-Premier ministre Ioulia Timochenko.

Les tensions politiques sont vives depuis que cette dernière a entamé une peine de prison de sept ans, en octobre dernier. Elle a été condamnée pour abus de pouvoirs lors de son deuxième mandat de Premier ministre entre 2007 et 2010, ce qu'elle nie.

L'actuel Premier ministre, Mikola Azarov, a exprimé ses craintes que les attentats ne soient exploités par les critiques du gouvernement. "Cela va dans le sens des forces qui veulent déstabiliser la situation du pays", écrit-il sur sa page Facebook.

Avec Maciej Onozko à Varsovie, Julien Dury et Eric Faye pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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