Des élus PS interpellent Hollande sur son agenda social

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FRANÇOIS HOLLANDE INVITÉ À REMETTRE L'AGENDA ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EN TÊTE
FRANÇOIS HOLLANDE INVITÉ À REMETTRE L'AGENDA ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EN TÊTE

PARIS (Reuters) - Au lendemain d'élections législatives partielles qui se sont soldées à gauche par la perte d'un député, une dizaine d'élus socialistes demandent à François Hollande de remettre "l'agenda économique et social" en tête de ses priorités.

Dans une lettre adressée au chef de l'Etat, ces députés et élus appellent de leurs voeux des mesures en faveur du pouvoir d'achat des couches populaires et notamment la mise en place d'une grande réforme fiscale "redistributive", conformément à une promesse de campagne.

"Il est urgent de remettre l'agenda économique et social en tête des priorités de l'action gouvernementales", écrivent-ils dans ce courrier, publié sur le site du Parisien.

"Le scepticisme croissant des couches populaires et moyennes, qui ont pourtant joué un rôle clé dans l'élection de François Hollande, nous invite à hiérarchiser notre action car elles attendent d'abord des réponses fortes sur le terrain du pouvoir d'achat et de l'emploi", ajoutent-ils.

Ils estiment que les résultats des trois élections législatives partielles de dimanche "confirment" les chutes de popularité de l'exécutif dans les récents sondages et témoignent d'une "forte démobilisation" de l'électorat de gauche, notamment populaire.

Malgré la guerre des chefs qui dure depuis quatre semaines à l'UMP, l'opposition de droite a emporté la victoire dimanche dans ces partielles.

Un résultat qualifié lundi de "grand chelem" par le président proclamé de l'UMP, Jean-François Copé.

Les initiateurs de cette lettre, Laurent Baumel, député d'Indre-et-Loire, Philippe Doucet, député du Val d'Oise, et François Kalfon, conseiller régional d'Ile-de-France, sont tous trois co-animateurs du réseau de la Gauche populaire, un club de réflexion qui, insistent-ils, ne coïncide pas avec l'aile gauche du PS.

RENCONTRE AVEC LE ROUX MARDI

Ils ne sont ainsi pas opposés à une politique de réduction des déficits, ni aux mesures prises par la majorité socialiste pour améliorer la compétitivité des entreprises, soulignent-ils.

"C'est une interpellation d'ordre sociologique plus qu'idéologique", a dit à Reuters Laurent Baumel.

"On est des sociaux-démocrates, on ne fait pas ça pour mettre le gouvernement en difficulté. Mais il est temps de donner des signaux plus nets aux couches populaires", a-t-il ajouté.

"C'est une interpellation pour dire, ne donnons pas l'impression que l'urgence c'est le sociétal et pour dire qu'il est urgent de mettre certains sujets sur le devant de la table", a-t-il conclu, faisant référence aux débats sur le mariage homosexuel.

Le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale a jugé la contribution des députés "utile" et indiqué qu'il les rencontrerait mardi.

"C'est utile au débat mais en même temps mon travail c'est d'expliquer que le cap que nous avons aujourd'hui est un cap clair et qu'il faut le tenir", a déclaré Bruno Le Roux après un entretien lundi matin avec François Hollande.

Le député de Seine-Saint-Denis a aussi indiqué que le score obtenu par le Parti socialiste aux dernières élections partielles appelait à la mobilisation et à la pédagogie.

"La leçon des partielles (...), c'est (qu') il faut offrir une perspective, il faut mieux expliquer ce que l'on fait", a-t-il ajouté, enjoignant tous les élus PS à être "sur le pont en 2013".

Chine Labbé et Julien Ponthus, édité par Yves Clarisse

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