Des élus et Eva Joly s'indignent dans l'affaire Erika

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ÉVA JOLY ET DES ÉLUS DE L'OUEST DE LA FRANCE S'INDIGNENT DANS L'AFFAIRE ERIKA
ÉVA JOLY ET DES ÉLUS DE L'OUEST DE LA FRANCE S'INDIGNENT DANS L'AFFAIRE ERIKA

PARIS (Reuters) - La candidate écologiste à la présidentielle Eva Joly et des élus de l'ouest de la France se sont déclarés vendredi indignés et inquiets d'une possible annulation de la condamnation de Total pour le naufrage du pétrolier Erika en 1999.

Le parquet général de la Cour de cassation propose d'annuler définitivement cet arrêt mais cet avis n'engage pas la plus haute juridiction française qui doit se réunir sur ce dossier le 24 mai.

"Cette nouvelle est choquante. Comment se défaire de l'idée que l'Etat français cherche à protéger son soi-disant fleuron industriel, lui qui a toujours cherché à éviter un procès à Total, lui qui a organisé les tractations du groupe pétrolier avec les parties civiles lésées", écrit dans un communiqué Eva Joly.

"Nous savons tous quelle décision est la plus juste pour tous : Total est responsable et Total doit payer", ajoute-t-elle.

Les élus représentant les collectivités locales de l'ouest de la France se disent aussi inquiets, même si les indemnités reçues de Total ne seront pas remises en cause, même en cas d'arrêt défavorable de la Cour de cassation.

Me Jean-Pierre Mignard et Emmanuel Tordjman, leurs avocats, ont commencé à contester les arguments soulevés par le parquet général, estimant que la justice française pouvait poursuivre puisque même si le naufrage s'était produit hors des eaux territoriales, il avait affecté les côtes du pays.

"Le droit de la mer, le droit à la mer, n'est pas équivalent au droit de polluer la mer ni de polluer les côtes. Chaque Etat doit s'en défendre et coopérer avec les autres pour protéger la mer", écrivent-ils dans un communiqué.

Les élus ont exprimé leur surprise. "Je suis stupéfait et écoeuré", a dit Loïc Le Meur, maire (PS) de Ploemeur (Morbihan).

"L'avis du ministère public va encore jeter un trouble et un flou sur un secteur économique qu'il faut réguler. C'est comme si tout ce qu'on a fait était anéanti. Mais le combat continue", a-t-il dit à Reuters.

Jacques Auxiette, président (PS) de la Région Pays-de-Loire, a dit avoir ressenti "de la surprise, de la colère et de l'inquiétude".

"La justice française avait établi une responsabilité, on pouvait penser qu'il y aurait un coupable. Et là, on nous dit qu'il n'y a ni coupable, ni responsable. Après le naufrage en mer, c'est un naufrage judiciaire", a-t-il dit.

Les avocats de l'Etat et de quelque 80 collectivités locales concernées par l'affaire pourront plaider sur leur point de vue à la Cour de cassation le 24 mai prochain.

Thierry Lévêque, édité par Patrick Vignal

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