Des élus corses des partis traditionnels aux journées de Corte

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LES JOURNÉES NATIONALISTES CORSES S'OUVRENT AUX PARTIS TRADITIONNELS
LES JOURNÉES NATIONALISTES CORSES S'OUVRENT AUX PARTIS TRADITIONNELS

par Roger Nicoli

AJACCIO (Reuters) - Des élus de partis traditionnels, de gauche comme de droite, sont venus débattre dimanche pour la première fois avec les indépendantistes corses de l'avenir de l'île dans le cadre des traditionnelles journées internationales de Corte.

Des membres de la majorité de gauche de la collectivité territoriale ainsi que le nouveau député UMP de Corse du Sud Laurent Marcangeli ont ainsi discuté de sujets comme l'évolution institutionnelle de la Corse, le statut de sa langue et la protection du foncier avec le leader indépendantiste Jean-Guy Talamoni et ses amis.

Dans une interview à Corse Matin, Jean-Guy Talamoni avait justifié par avance cette ouverture de la grand-messe annuelle de la mouvance indépendantiste en déclarant que "les nationalistes ne changeront pas les choses seuls et encore moins contre les autres forces politiques de l'île".

La collectivité territoriale de Corse a récemment validé en commission la notion de peuple corse, censurée en 1991 par le conseil constitutionnel lors de l'élaboration du statut Joxe.

Lors de sa campagne présidentielle, François Hollande avait indiqué qu'il n'y aurait "aucune évolution institutionnelle" s'il accédait à l'Elysée.

Mais les nationalistes corses, qui constituent la deuxième force à l'assemblée de l'île, rappellent que les grandes réformes sur l'évolution institutionnelle ont été obtenues dans les années 1980 et 1990 quand la gauche était au pouvoir.

Laurent Marcangeli a estimé dimanche que "à moyen et à long terme, la Corse ne doit pas avoir peur de l'autonomie dans le cadre de la République : elle est aussi mûre que la Sardaigne, la Sicile ou les Baléares".

TENSIONS ENTRE NATIONALISTES

"Je souhaite saisir les Corses par un référendum local sur la question d'une réforme constitutionnelle", a ajouté l'élu UMP.

Pierre Chaubon, président divers gauche de la commission chargée des compétences législatives et règlementaires de la collectivité territoriale, a plaidé de son côté pour que la Corse reste dans la République et soulevé le problème de la violence clandestine.

Depuis l'élection de François Hollande à la présidence de la République, une vingtaine d'attentats à l'explosif ont été recensés.

Tout en affichant une volonté d'ouverture à l'extérieur, le mouvement nationaliste est confronté depuis plusieurs mois à des tensions entre les proches de Jean-Guy Talamoni, les anciens de la Cuncolta, et ceux de Paul-Félix Benedetti, chef de file du courant progressiste U Rinnovu (Le Renouveau).

Ces derniers reprochent aux amis de Jean-Guy Talamoni d'avoir un fonctionnement hégémonique et d'avoir écarté des instances décisionnelles de Corsica Libera la plupart des responsables de U Rinnovu.

Ces tensions ont trouvé un écho au sein des organisations clandestines, où un nouveau FLNC (Front de libération nationale de la Corse), proche de la tendance dite du 22 Octobre, soutenant U Rinnovu, a annoncé sa création début juillet, se distinguant ainsi du FLNC regroupant le "canal historique".

Paul-Félix Benedetti avait toutefois fait le déplacement de Corte, même s'il n'a pas voulu partager la tribune des débats avec Jean-Guy Talamoni, se contentant de rester au premier rang de l'assistance.

"Les débats étaient figés, mais la teneur est quelque chose de politiquement positif", s'est-il réjoui.

édité par Yann Le Guernigou

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