Des efforts pour limiter la hausse de prix en rayon

le
0
Changer les recettes des produits fait partie des astuces des enseignes pour maîtriser les prix.

Si les marques nationales augmentent en moyenne de 2% cette année, les marques de distributeurs (MDD) le feront sans doute davantage. La part de matières premières est en effet bien plus importante dans les produits MDD, en raison de la quasi-absence de frais marketing. Une augmentation de l'un de ses ingrédients s'exprime donc automatiquement davantage.

«Pour les marques propres, les hausses de prix devraient être du même ordre que celles des marques nationales», assure cependant Jacques Creyssel, délégué général de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD). La progression pourrait certes être équivalente en centimes d'euros, mais elle ne le sera pas en pourcentage.

Afin de limiter l'inflation sur leurs marques propres, les distributeurs pourraient faire cette année un effort sur leurs marges. Depuis quelques années, elles sont supérieures à celles réalisées sur les marques nationales. Les enseignes ont d'ailleurs commencé à revoir les prix de leurs gammes à la baisse l'an dernier. Elles feront aussi des arbitrages. Tous les produits à marque propre au sein d'une même catégorie n'augmenteront pas.

Modifications de recettes

Si les distributeurs peuvent actionner plus difficilement le levier promotionnel sur les MDD que sur les marques nationales, ils peuvent utiliser une autre astuce pour maîtriser les prix: le changement de recette. «L'intérêt de la MDD est que le fabricant n'est pas tenu de respecter le goût initial, contrairement à un Coca-Cola ou à Nutella», explique Antoine de Riedmatten, associé chez Deloitte.

Les enseignes exposent volontiers leurs efforts pour rendre leurs produits plus sains à travers la suppression de colorants ou de graisses saturées, mais elles sont plus discrètes sur les modifications effectuées pour des raisons de compétitivité. «Elles ont lieu», affirme un producteur de MDD. «Dans des pâtes par exemple, on peut modifier la provenance des blés. Pour le café, on peut diminuer la part d'arabica et augmenter celle de la variante robusta, moins chère.» Dans les biscuits, l'arôme vanille remplace l'extrait de vanille, 40 fois plus cher, l'huile de palme vient à la place du beurre, cinq fois plus cher…

Autre astuce: réduire la taille des portions ou des paquets pour alléger la facture. Ces décisions se prennent par le distributeur et le producteur, qui redéfinissent ensemble le cahier des charges. Il arrive toutefois que le distributeur mette la pression sur le producteur, forcé de trouver des économies de coûts. Huit produits sur dix étant fabriqués par des PME, ces dernières se sentent parfois démunies face à la grande distribution.

Si les enseignes sont conscientes que l'écart de prix reste un argument important pour leur MDD, elles essaient par ailleurs d'engager le débat sur la qualité. Système U vient de revoir sa gamme premier prix, Bien Vu. Chez Leaderprice, Jean-Pierre Coffe a initié le même travail. L'objectif est de fidéliser leurs clients, pour qu'ils ne choisissent plus les MDD uniquement pour leur prix.

LIRE AUSSI :

» Les enseignes misent sur leurs marques propres

» Prix alimentaires : des hausses spectaculaires

» Les prix alimentaires proches de «la cote d'alerte»

» Les prix alimentaires mondiaux au plus haut depuis 2008

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant