Des documents accuseraient la France pour des tueries au Rwanda

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L'ARMÉE FRANÇAISE MISE EN CAUSE PAR DES ASSOCIATIONS DANS LE GÉNOCIDE AU RWANDA
L'ARMÉE FRANÇAISE MISE EN CAUSE PAR DES ASSOCIATIONS DANS LE GÉNOCIDE AU RWANDA

PARIS (Reuters) - Des associations parties civiles dans l'enquête française sur l'opération Turquoise menée par la France au Rwanda réclament la mise en examen pour complicité de génocide de militaires français intervenus dans ce pays en 1994.

Elles affirment que certains documents, dont un fax et des auditions, montrent que l'armée française a abandonné des centaines de Tutsis sur les collines de Bisesero fin juin 1994.

Plus de 21 ans après le génocide des Tutsis, la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH, la Ligue des droits de l'homme (LDH) et Survie demandent que "toute la mesure de l'enquête soit enfin prise".

Une instruction a été ouverte en 2005 à Paris sur plainte de rescapés, qui reprochent aux militaires de s'être présentés le 27 juin 1994 sur ces collines et d'avoir promis aux Tutsis de revenir pour ne le faire finalement que le 30 juin.

Pendant ces trois jours, des centaines de personnes ont été massacrées par les milices hutues.

Les juges cherchent à vérifier ce que savait la hiérarchie militaire, alors que l'opération Turquoise, sous mandat de l'Onu, avait démarré le 22 juin.

Un lieutenant-colonel a assuré avoir effectué une reconnaissance le 27 juin puis avoir relayé ses craintes à sa hiérarchie, à son retour à la base, par téléphone puis par fax.

"ILS ESPÉRAIENT NOTRE PROTECTION"

Deux officiers supérieurs entendus par les juges sous le statut de témoin assisté soutiennent ne pas avoir été informés, entre les 27 et 30 juin 1994, de la réalité des massacres.

Mais selon les parties civiles, le contenu du fax du lieutenant-colonel, qui a été déclassifié, tend à démontrer le contraire.

"Nous avons rencontré une centaine de Tutsis. Ils seraient 2.000 cachés dans les bois. Ils sont dans un état de dénuement nutritionnel, sanitaire et médical extrême. Ils espéraient notre protection immédiate", dit le texte.

"Certains éléments des forces spéciales françaises ayant pour mandat exprès de faire cesser les massacres étaient stationnés à environ cinq kilomètres à vol d'oiseau de la scène de crimes et disposaient d'informations, de moyens d'observations, de moyens de communication et des moyens matériels qui auraient dû permettre une intervention immédiate et salvatrice. Tel n'a pas été le cas", écrivent les associations.

Selon elles, les massacres dureront jusqu'au 30 juin, date à laquelle l'armée française découvrira les cadavres et les survivants dans des conditions qui restent à éclaircir.

"Surtout, des militaires entendus dans la procédure font valoir que c'est en désobéissant aux ordres et en se rendant de leur propre initiative dans ces collines qu'ils ont pu sauver les derniers survivants", ajoutent-elles.

Au-delà des mises en examen demandées, les associations souhaitent que la poursuite de l'instruction permette "de mieux comprendre la chaîne des responsabilités militaires et politiques".

(Gérard Bon, édité par Yves Clarisse)

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  • M7163258 le mardi 1 déc 2015 à 14:18

    J'aime bien le titre: La France aurait commis des tueries? Non pas tout à fait! au pire elle ne serait pas intervenue! la nuance est de taille il me semble!!!