Des discussions sur Schengen sont en cours, rappelle Bruxelles

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BRUXELLES RAPPELLE LES DISCUSSIONS EN COURS SUR SCHENGEN
BRUXELLES RAPPELLE LES DISCUSSIONS EN COURS SUR SCHENGEN

BRUXELLES (Reuters) - La commissaire européenne aux Affaires intérieures, Cecilia Malmstrom, a rappelé lundi que des négociations étaient en cours depuis plusieurs mois entre le Conseil et le Parlement européens sur un éventuel aménagement de l'accord de Schengen, dont Nicolas Sarkozy a réclamé la réforme afin d'enrayer la poursuite de l'immigration clandestine.

Elle a toutefois souligné qu'une réforme de l'accord de Schengen devra entraîner une réforme du traité européen de Lisbonne.

Lors de son meeting dimanche à Villepinte, près de Paris, à moins d'un mois et demi du premier tour de l'élection présidentielle, Nicolas Sarkozy a jugé inévitable cette réforme de l'accord européen sur la circulation des personnes car, a-t-il dit, "l'Europe doit reprendre son destin en main, sinon elle risque la dislocation".

Si aucun "progrès sérieux" n'est réalisé au niveau européen en matière de contrôle de l'immigration d'ici un an, la France suspendra sa participation aux accords de Schengen, a menacé Nicolas Sarkozy.

"Ce n'est vraiment pas dans les habitudes de la Commission européenne de commenter une campagne électorale dans un Etat membre", a noté lundi Cecilia Malmstrom.

"Nous sommes actuellement en train de négocier sur des propositions que la Commission a faites en septembre à la demande du Conseil européen, notamment sur la possibilité pour tout Etat membre de renforcer le système d'évaluation, de tenter de rétablir la confiance dans l'espace Schengen et de favoriser la libre circulation", a-t-elle toutefois poursuivi.

"Ces négociations sont donc en cours entre le Conseil et le Parlement européens. Des progrès ont été faits mais il y a encore des questions en suspens. Schengen fait partie du traité européen (de Lisbonne), donc toute modification de Schengen exigera une modification du traité", a-t-elle ajouté.

Lors de son discours, Nicolas Sarkozy a également plaidé pour l'instauration d'une préférence communautaire pour les marchés publics. Si, a-t-il dit, l'UE ne s'aligne pas sur la législation des Etats-Unis, qui réservent leurs marchés publics à leurs PME et aux produits fabriqués sur leur territoire, la France appliquera unilatéralement ces règles.

A ce sujet, un responsable européen a souligné lundi que la Commission allait présenter avant la fin du mois une proposition sur des règles de réciprocité pour les marchés publics dans les pays tiers, c'est-à-dire assurant un traitement égal pour les sociétés européennes dans des pays comme la Chine ou le Japon.

Le commissaire européen au Marché intérieur et aux Services, le Français Michel Barnier, travaille à cette proposition avec le commissaire au Commerce, Karel de Gucht.

"La proposition à laquelle je travaille avec mon collègue Karel de Gucht sur les marchés publics est précisément une bonne réaction non protectionniste mais qui permet d'appliquer une réciprocité sous certaines conditions et nous donne du levier vis-à-vis de nos partenaires commerciaux", a dit Michel Barnier.

Sebastian Moffett, Guy Kerivel pour le service français

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