Des diplomates étudient la piste du fédéralisme pour la Syrie

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    par Louis Charbonneau 
    NATIONS UNIES, 11 mars (Reuters) - Plusieurs puissances 
impliquées dans la recherche d'une solution en Syrie, et pas 
seulement la Russie, réfléchissent à la possibilité d'une 
structure fédérale qui maintiendrait l'unité du pays tout en 
garantissant une large autonomie à des entités régionales, 
a-t-on appris auprès de diplomates. 
    L'idée a été mise sur la table par la diplomatie russe. La 
Syrie, a déclaré fin février le vice-ministre russe des Affaires 
étrangères Sergueï Riabkov, pourrait devenir un Etat fédéral si 
ce système fonctionne dans le pays.  
    "S'il résulte des pourparlers, des consultations et des 
discussions sur les structures étatiques futures de la Syrie 
l'avis que ce modèle fonctionnerait pour servir la préservation 
d'une Syrie unie, laïque, indépendante et souveraine, qui s'y 
opposerait ?", a-t-il dit.  ID:nL8N1684GU  
    S'exprimant sous couvert d'anonymat, un diplomate du Conseil 
de sécurité des Nations unies a déclaré qu'un certain nombre de 
puissances occidentales étudiaient elles aussi la possibilité 
d'une structure fédérale et que des idées avaient été soumises à 
Staffan de Mistura, l'envoyé spécial de l'Onu pour la Syrie. 
    "Tout en insistant sur la préservation de l'intégrité 
territoriale de la Syrie, en la maintenant ainsi comme un seul 
pays, il y a naturellement toutes sortes de modèles différents 
de structure fédérale qui pourraient, dans certains cas, reposer 
sur un centre très, très faible et beaucoup d'autonomie pour 
différentes régions", ajoute ce diplomate sans donner plus de 
détails.  
    Un autre diplomate du Conseil de sécurité a confirmé ses 
propos. 
     
    FEUILLE DE ROUTE 
    De Mistura a programmé pour lundi la reprise à Genève des 
négociations intersyriennes, qui coïncidera avec le cinquième 
anniversaire du conflit en Syrie. Ni l'opposition ni le 
gouvernement syriens n'ont pour l'heure confirmé leur 
participation à ces nouvelles discussions. 
    Depuis la suspension, début février, de la précédente 
tentative de dialogue indirect entre représentants du régime et 
de l'opposition syrienne, un "accord de cessation des 
hostilités" négocié par les Etats-Unis et la Russie est entré en 
vigueur il y a près de deux semaines, conduisant à une 
diminution marquée des combats. 
    Le principal obstacle au processus diplomatique que tente 
d'entretenir Staffan de Mistura tient au sort de Bachar al 
Assad, dont l'opposition et les gouvernements des pays 
occidentaux et des Etats arabes du Golfe estiment qu'il devra 
s'effacer au terme de la période de transition envisagée par la 
feuille de route définie par les puissances du Groupe 
international de soutien à la Syrie (GISS) et appuyée par la 
résolution 2254 adoptée fin décembre par le Conseil de sécurité. 
    Assad et ses alliés russe et iranien insistent pour leur 
part pour dire qu'il appartient aux seuls Syriens de se 
prononcer sur cette question. 
     
    TERRITOIRE MORCELÉ 
    Après cinq ans d'une guerre civile qui a fait 250.000 morts, 
chassé onze millions de Syriens de chez eux, favorisé 
l'émergence de l'organisation Etat islamique (EI) et attisé les 
tensions géopolitiques entre les grands acteurs de la région, le 
territoire syrien est déjà morcelé selon les zones d'influence 
et de contrôle des combattants. 
    La piste fédérale est catégoriquement rejetée par 
l'opposition regroupée au sein du Haut Comité des négociations 
(HCN), créé sous le parrainage de Ryad. 
    "Toute mention de ce fédéralisme ou de quelque chose 
susceptible d'ouvrir une voie vers la division de la Syrie n'est 
pas du tout acceptable", a déclaré cette semaine le coordinateur 
du HCN, Riad Hijab.  
    De son côté, Assad ne l'a pas exclue en précisant cependant 
dans une interview parue en septembre que tout changement 
institutionnel devait être le produit d'un dialogue entre les 
Syriens et validé par référendum. 
    Le parti kurde syrien de l'Union démocratique (PYD), qui 
exerce une influence solide sur les régions kurdes du pays, dans 
le nord, s'est dit pour sa part clairement ouvert à cette idée. 
"Peu importe comment on la nomme. Nous avons dit constamment que 
nous voulions une Syrie décentralisée, qu'on nomme cela des 
administrations ou du fédéralisme, tout est possible", a déclaré 
mardi à Reuters le co-président du PYD, Saleh Muslim. 
    De Mistura lui-même, dans une interview accordée jeudi à la 
chaîne de télévision Al Djazira, a déclaré que "tous les Syriens 
avaient rejeté la division (ndlr, de la Syrie) et (que) le 
fédéralisme pouvait être discuté lors des négociations". 
 
 (avec Lisa Barrington et Tom Perry à Beyrouth, Maria Tsvetkova 
à Moscou et Tom Miles à Genève; Henri-Pierre André pour le 
service français) 
 
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  • M7163258 il y a 9 mois

    AMAH c'est la seule solution à peu près viable!!!