Des détails demandés à Séoul sur l'extradition de la fille Yoo

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PARIS, 5 novembre (Reuters) - La cour d'appel de Paris a demandé mercredi à la Corée du Sud de lui donner des précisions sur ce qu'encourt et ce que se voit reprocher Yoo Somena, dont la famille détient des parts de l'opérateur du ferry qui a fait naufrage le 16 avril et dont Séoul demande l'extradition. La Corée du Sud a jusqu'au 10 décembre pour répondre à deux questions de la justice française, qui examinera de nouveau le cas de cette jeune femme de 47 ans le 17 décembre prochain. Yoo Somena, qui est incarcérée depuis le 28 mai à Fresnes (Val-de-Marne), près de Paris, est accusée de détournements de fonds qui seraient à l'origine de négligences dans la maintenance du Sewol. Ces négligences auraient, selon la justice sud-coréenne, contribué à son naufrage. ID:nL6N0RH3O3 Le président de la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris, Jean-Claude Bartholin, a demandé mercredi à Séoul de lui préciser si Yoo Somena, qui risque 45 ans de réclusion, pourrait aussi être condamnée à des travaux forcés. "Si vraiment vous encourriez des travaux forcés, il y aurait une difficulté", lui a-t-il expliqué à l'audience, soulignant que la traduction anglaise du code pénal sud-coréen laissait planer un doute à ce sujet. Alors que Yoo Somena est soupçonnée de cinq faits de détournement, pour un peu plus de six millions d'euros, la cour a également demandé des détails sur deux de ces faits, qui lui paraissent "similaires". "La chambre de l'instruction laisse une nouvelle chance à la Corée de préciser ses dires", a réagi Me Rachel Lindon, l'un des avocats de Yoo Somena. Mais "ça me paraissait évident qu'on devait refuser cette extradition", a-t-elle ajouté. En cas d'avis défavorable, l'extradition de Yoo Somena sera impossible. Si l'avis de la cour est au contraire favorable, la décision reviendra alors au gouvernement. Les avocats de la jeune femme estiment que rien dans l'enquête menée "à la va-vite" en Corée du Sud par une équipe spéciale ne permet d'établir un lien entre elle et le Sewol. Leur cliente est victime d'un "lynchage médiatique", comme tous les membres de la famille Yoo, estiment-ils. Le 16 avril dernier, le naufrage du Sewol a coûté la vie à plus de 300 passagers dont de nombreux enfants, une tragédie qui a mis tout le pays en émoi. Juste après la catastrophe, les autorités ont mené une véritable chasse à l'homme à l'encontre de son père, Yoo Byung-un, 73 ans, retrouvé mort en juin. La peine de mort a été requise fin octobre contre le capitaine du Sewol, accusé d'avoir abandonné le ferry avant qu'il ne sombre tout en ayant ordonné aux passagers de rester cloîtrés dans leurs cabines. (Chine Labbé, édité par Yves Clarisse)

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