Des dessous de table pour louer un logement

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Une enquête du Parisien-Aujourd'hui en France souligne que la pénurie de logement favorise cette pratique.

Dans un marché locatif parfois très tendu, les dessous-de-table peuvent aider à obtenir l'appartement désiré. Dans les zones géographiques, comme Paris, où la demande de logements est bien supérieure à l'offre, le versement d'un bakchich peut en effet aider à mettre un dossier en haut de la pile. Ou pas. Car une fois le pot-de-vin versé, l'aspirant locataire n'a aucun moyen de se retourner contre l'agent immobilier à qui il a illégalement versé de l'argent. L'initiative du pot-de-vin revient d'ailleurs tantôt à l'agent, qui veut ainsi arrondir ses fins de mois, tantôt au futur locataire, qui espère améliorer ses chances.

L'ampleur de cette pratique et son évolution restent difficile à évaluer du fait de son illégalité, relève LeParisien-Aujourd'hui en France, qui publie ce jeudi une enquête sur le sujet. Mais le phénomène n'étonne pas les professionnels du secteur. Dans le quotidien, le président de la Fédération nationale de l'immobilier (Fnaim), René Pallincourt, estime que ces pratiques ne sont pas très répandues. Mais concède que «cela existe sûrement davantage à Paris, où certains quartiers sont très demandés et où l'on trouve énormément de candidats pour peu d'offres». Le Haut Comité pour le logement des personnes défavorisées en a également pris connaissance. «Des associations de locataires nous ont signalé ce type de pratiques. (…) Le rapport est devenu tellement inégal entre l'offre et la demande de logements que cela peut donner naissance à des phénomènes de corruption», constate Bernard Lacharme, son secrétaire général.

Frais illicites

Une locataire citée par Le Parisien-Aujourd'hui en France en a fait les frais. Christine, 34 ans, cherchait à Paris un deux pièces de plus de 35 m2 pour moins de 950 euros par mois, qu'elle peinait à trouver malgré un salaire de plus de 3000 euros par mois, en CDI. Quand l'appartement ciblé n'avait pas déjà trouvé preneur, c'est son dossier qui n'était pas retenu. Au bout de deux mois, après avoir visité un appartement qui lui plaisait beaucoup, l'agent immobilier la rappelle pour lui proposer d'appuyer son dossier contre une enveloppe. Fatiguée de chercher, Christine accepte... mais n'obtient pas l'appartement pour autant. «En fait, l'agent devait présenter deux dossiers à l'assurance, le mien et un autre. L'assureur a choisi l'autre», s'explique-t-elle.

Sans toujours aller jusqu'au versement de pots-de-vin en liquide, les agences profitent souvent de ce rapport de forces favorable pour facturer des frais illicites aux locataires. Selon l'association de consommateurs CLCV, qui a publié une étude sur le sujet en mars dernier, les frais d'état des lieux d'entrée ou de sortie, entre 40 euros et 100 euros, sont par exemple un grand classique. Certaines agences facturent aussi des frais de relance en cas d'impayés (autour de 20 euros en moyenne) ou des frais de clôture à la fin du bail (jusqu'à 60 euros). Autant de sommes exigées en toute illégalité, mais qu'il est bien difficile au locataire de contester.

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  • hellstan le jeudi 14 juin 2012 à 19:43

    L'enquête de la DCCRF en 2011, indiquait que 80 % (!) des agences immobilières enfreignaient la loi.Le marché locatif parisien est notoirement corrompu, et pas celui des autres capitales nord-européennes : pratiques absentes en Belgique, en Allemagne, au Danemark, aux Pays-Bas. Je le sais, j'y ai loué des logements. Le pire, c'est que depuis près de 15 ans, aucun gouvernement n'est intervenu sur ce plan. Mon dernier bailleur, à Paris, a exigé UN AN de loyer en garantie bancaire !

  • hellstan le jeudi 14 juin 2012 à 19:38

    Rappelons l'enquête de l

  • hellstan le jeudi 14 juin 2012 à 19:38

    Rappelons l'enquête de la

  • M6762365 le jeudi 14 juin 2012 à 15:28

    Heureusement le gouvernement a pensé à la limitation des loyers....