Des députés européens exhortent Washington à fermer Guantanamo

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STRASBOURG, 29 avril (Reuters) - Il est urgent de fermer le camp de Guantanamo mais l'Union européenne ne pourra contribuer à l'accueil des détenus sans un changement de politique des Etats-Unis à leur égard, affirme un groupe de députés européens dans un rapport présenté mercredi. Ouvert un an après les attentats du 11 septembre 2001 au sein d'une base militaire sur l'île de Cuba, pour accueillir, hors de tout contrôle juridique, les prisonniers faits par les Etats-Unis dans leur « guerre contre le terrorisme », le camp a vu passer près de 780 détenus en treize ans. Il abritait encore 122 personnes en janvier 2015. "Guantanamo est devenu un prétexte à la radicalisation islamiste. Il est important d'y mettre un terme au plus vite", a dit Rachida Dati, députée européenne du Parti populaire européen (PPE) et ancienne ministre française de la Justice, lors d'une conférence de presse à Strasbourg. "Mais il faut pour cela que les Etats-Unis donnent un signal politique fort", a-t-elle ajouté. L'ancien garde des Sceaux, qui s'est rendue à la tête d'une délégation parlementaire du PPE à Guantanamo et à Washington, à l'invitation des autorités américaines, dénonce comme une impasse la situation de détenus ni condamnables ni libérables, laissés sans soins et qui n'ont fait l'objet d'aucun programme de réinsertion. "Ces détenus sont des bombes à retardement", estime l'eurodéputée. La fermeture du camp a été promise par Barak Obama dès sa première élection à la présidence des Etats-Unis, en 2008. L'Union européenne a été invitée à y contribuer en accueillant sur son sol certains détenus jugés trop dangereux pour être transférés aux Etats-Unis mais qui ne peuvent être condamnés, faute de preuves à leur encontre. Cinquante-sept sont dans cette situation, pour la plupart des Yéménites que la situation dans leur pays interdit d'y renvoyer. Dans leur rapport, les eurodéputés invitent les Américains à améliorer les conditions de vie des détenus pour préparer leur sortie, à organiser des programmes de déradicalisation et à autoriser leur transfert sur le sol américain, actuellement interdit par le Congrès. "Comment pouvons-nous dire à nos opinions publiques que nous allons accueillir des gens qui ne sont pas dangereux si ceux qui les ont arrêtés refusent de les détenir sur leur sol ?", s'interroge Franck Proust, autre membre français de la délégation. (Gilbert Reilhac, édité par Sophie Louet)

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  • M7097610 le mercredi 29 avr 2015 à 18:23

    et de rendre ce territoire à Cuba