Des demandeurs d'asile parmi les suspects des violences de Cologne

le , mis à jour à 20:11
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    * Sur les 32 suspects identifiés à ce stade, 22 ont déposé 
des demandes d'asile 
    * La CDU et le SPD prônent une plus grande fermeté 
    * Le chef de la police de Cologne mis à la retraite d'office 
 
    par Noah Barkin  et Paul Carrel 
    BERLIN, 8 janvier (Reuters) - La présence de demandeurs 
d'asile parmi les suspects des agressions sexuelles du nouvel an 
à Cologne, confirmée vendredi par la police allemande, a encore 
intensifié le débat sur la politique d'accueil de migrants et de 
réfugiés. 
    Dans la nuit du 31 décembre, en plein réveillon, 121 femmes 
ont été victimes de vols à l'arraché, de menaces et d'agressions 
sexuelles commis dans le quartier de la cathédrale et de la gare 
de la ville par des groupes d'hommes "d'origine arabe ou 
nord-africaine", selon la police locale. 
    Depuis que l'affaire a été portée à la connaissance de 
l'opinion, mardi, le débat sur les effets de la politique 
d'accueil décidée en septembre dernier par Angela Merkel est 
allé en s'accentuant. 
    L'an dernier, quelque 1,1 million de migrants sont arrivés 
en Allemagne, faisant du pays le plus riche de l'Union 
européenne le premier pays d'accueil des demandeurs d'asile 
fuyant pour nombre d'entre eux les guerres en Syrie et en Irak. 
    La chancelière fédérale a réaffirmé que le pays pouvait 
gérer cet afflux et a résisté aux appels, venant y compris de 
l'intérieur de son parti, l'Union chrétienne-démocrate (CDU), 
l'exhortant à fixer un quota d'arrivées. 
    Mais l'émoi et le choc provoqués par les agressions à 
caractère sexuel du nouvel an ont accentué le scepticisme d'une 
partie de l'opinion allemande sur la capacité de la société à 
intégrer ces nouveaux arrivants. 
    Interrogée par la ZDF, Julia Klöckner, qui dirige la CDU 
dans le land de Rhénanie-Palatinat, a estimé ainsi que ce qui 
s'est passé dans le Land voisin de Rhénanie du Nord-Westphalie 
doit permettre une prise de conscience en Allemagne. "Nous 
devons véritablement nous débarrasser de nos oeillères", 
a-t-elle dit. 
     
    EXPULSER LES DEMANDEURS D'ASILE CONDAMNÉS 
    A Berlin, un porte-parole du ministère de l'Intérieur a 
annoncé vendredi qu'au moins 22 demandeurs d'asile avaient été 
identifiés à ce stade parmi les auteurs de ces violences en 
série. Au total, 32 suspects ont été identifiés et interrogés, 
neuf sont de nationalité algérienne, huit sont marocains, cinq 
iraniens et quatre syriens. Trois autres sont allemands. On 
compte aussi un Irakien, un Serbe et un Américain. 
    "Les enquêtes sont en cours", a ajouté Tobias Plate, 
précisant que la grande majorité des 76 délits sur lesquels la 
police fédérale travaille pour l'heure sont liés à des vols. 
Sept autres relèvent du chef d'agression sexuelle. 
    Un rapport complet de la police sur les événements du 31 
décembre est annoncé dans les prochains jours. 
    Sans attendre, la CDU a réclamé vendredi la plus grande 
fermeté envers les demandeurs d'asile qui enfreignent la loi.  
    Dans un document rédigé à l'occasion d'une réunion de la 
direction du parti à Mayence, dont Reuters a pu prendre 
connaissance, le parti de Merkel prône le rejet systématique des 
demandes d'asile formulées par des étrangers ayant fait l'objet 
d'une condamnation. 
    Le vice-chancelier Sigmar Gabriel, chef de file du Parti 
social démocrate (SPD), associé à la CDU dans le cadre de la 
"grande coalition", a également plaidé en ce sens.  
    "Pourquoi les contribuables allemands devraient-ils payer le 
séjour en prison de criminels étrangers ?", s'est-il interrogé. 
"La perspective de devoir passer un moment derrière les barreaux 
dans leur pays est beaucoup plus dissuasive qu'une peine de 
prison en Allemagne." 
    La CDU réclame en outre l'assouplissement des conditions 
d'expulsion, la généralisation de la vidéosurveillance et la 
définition de nouvelles infractions pour les agressions 
physiques.   
    Le chef de la police de Cologne, Wolfgang Abers, a payé 
quant à lui l'inefficacité des forces de l'ordre et les lenteurs 
de sa communication: il a fallu attendre cinq jours pour que ces 
plaintes soient rendues publiques.  
    Il a été relevé de ses fonctions et mis à la retraite 
anticipé par le gouvernement régional de Rhénanie du 
Nord-Westphalie. (voir  ID:nL8N14S2W4 ) 
 
 (avec Joseph Nasr à Cologne, Matthias Inveradi à Düsseldorf et 
Andreas Rinke et Caroline Copley à Berlin; Nicolas Delame, 
Jean-Philippe Lefief, Guy Kerivel et Henri-Pierre André pour le 
service français) 
 
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