Des coups de pied arrêtés à double tranchant

le , mis à jour à 15:20
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Histoire de coups de pied arrêtés, la victoire de la France aux Pays-Bas (2-3) a confirmé que les Bleus avaient progressé offensivement dans ce secteur, mais aussi qu'ils n'avaient pas réglé tous leurs problèmes en phase défensive.

Deux pas en avant, un pas en arrière. Peu en réussite sur les coups de pied arrêtés ces dernières années, faute de tireurs fiables, la France a confirmé vendredi lors de sa victoire aux Pays-Bas en match amical (2-3) qu’elle avait changé de braquet dans ce secteur. Le hic, c’est qu’elle a cédé sur deux phases similaires en seconde période et qu’elle aurait pu laisser échapper une rencontre qu’elle maîtrisait jusque-là. Cette faculté à se mettre soi-même en danger, Didier Deschamps la regrettait forcément après la rencontre. « On doit gommer ça. On fait de très bonnes choses, c'est rageant de devoir s'incliner sur des situations où ce n'est pas le mérite de l'adversaire mais sur des fautes d'inattention de notre part, soufflait le sélectionneur des Bleus. On va travailler là-dessus aussi. » D’autant que l’ancien entraîneur de Monaco ou de Marseille sait mieux que quiconque l’importance des coups de pied arrêtés au plus haut niveau, surtout dans une grande compétition internationale comme l’Euro 2016 qui arrive.

Les CPA toujours déterminants pour les Bleus

C’est sur l’un d’eux que la France avait craqué contre l’Allemagne en quarts de finale de la Coupe du Monde 2014 (1-0), le seul but d’un match cadenassé à double tour. Plus les tours avancent dans les grands tournois et plus les corners ou coup-francs gagnent en importance, les occasions dans le jeu courant se faisant plus rares. Dans toutes les grandes campagnes des Bleus, les coups de pied arrêtés ont joué un rôle déterminant, que ce soit en 1984 (but sur coup-franc direct en finale), en 1998 (deux buts sur corner en finale), en 2000 (but sur coup-franc direct en quart) et en 2006 (quatre des six buts en phase à élimination directe inscrits sur CPA). Ce fut encore le cas lors du dernier Mondial, en huitièmes de finale contre le Nigeria (2-0). Un corner avait permis à Paul Pogba de débloquer la situation au moment où les partenaires d’Hugo Lloris poussaient fort sans parvenir à trouver la faille dans le jeu. Ils en sont désormais cinq buts inscrits sur coups de pied arrêtés en sept matchs disputés cette saison, dont deux vendredi à Amsterdam.

Une densité jamais vue depuis une décennie

C’est d’abord Antoine Griezmann qui a logé son tir enroulé du gauche sur coup-franc dans la lucarne de Jasper Cillessen (0-1, 6eme). Après le bijou de Mathieu Valbuena au Portugal début septembre (0-1), l’équipe de France en est à deux coup-francs directs convertis sur ses sept derniers matchs, soit autant que lors de ses 140 précédents. Cette statistique ne demande qu’à gonfler, les Bleus ne manquant pas de prétendants pour se charger de ces situations. Outre Griezmann, Dimitri Payet et Paul Pogba sont adroits dans l’exercice avec leur club. Yohan Cabaye tire aussi les coup-francs avec brio. S’ils venaient à être de la partie pour l’Euro 2016, Karim Benzema et Valbuena seraient d’autres postulants crédibles. Cette variété offre un éventail de solutions intéressant à Deschamps suivant la position du coup-franc et sa distance, suivant le côté du corner aussi. Une densité dont les Bleus ne bénéficiaient pas depuis une bonne décennie.

Payet tout près du doublé de passes décisives

Olivier Giroud a ensuite doublé la mise à la suite d’un corner repoussé dans un premier temps et remisé par Blaise Matuidi (0-2, 13eme). Là encore, l’action a mis en avant les atouts des Français sur ces situations. D’abord, le talent dans l’exercice de Dimitri Payet, systématiquement menaçant à l’Amsterdam ArenA. « Il a montré de la qualité comme sur les coups de pied arrêtés », s’est félicité Deschamps après la rencontre. Le milieu de West Ham aurait même pu s’offrir une deuxième passe décisive si Paul Pogba avait cadré son coup de tête face au but vide sur un coup-franc indirect (79eme). Le but de Giroud a également souligné l’impact physique des Bleus, qui disposent d’une flopée d’éléments à l’aise dans les airs, surtout quand l’attaquant d’Arsenal est aligné en pointe à la place de Benzema ou d’André-Pierre Gignac. Avec des Pogba, Laurent Koscielny, Raphaël Varane ou Patrice Evra, la France dispose de joueurs de tête performants.

La main de De Jong, une fausse excuse

Ce qui ne l’empêche pas de souffrir défensivement sur les coups de pied arrêtés. Deschamps a évoqué « un manque de concentration », lié au score à la pause et à la physionomie de la première période, pour justifier les errements de ses hommes sur ces situations vendredi. Il faut dire que les Bleus n’ont pas été aidés non plus par l’arbitrage, le premier but néerlandais étant entaché d’une grossière faute de main de Luuk de Jong (1-2, 47eme). Mais il n’empêche que l’attaquant du PSV Eindhoven était passé devant Laurent Koscielny et s’était retrouvé seul aux six mètres pour battre Steve Mandanda. Anthony Martial s’est oublié sur la seconde réalisation batave, en laissant Ibrahim Afellay absolument seul à l’entrée de la surface (2-2, 85eme). Un point noir dans une soirée qui avait tout pour bien se passer. A deux mois et demi de l’Euro, les Bleus ont déjà une idée où se situe leur marge de progression.

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