Des cortèges de transporteurs contre la "jungle" de Calais

le , mis à jour à 09:28
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DES TRANSPORTEURS ROUTIERS MANIFESTENT À CALAIS CONTRE LES MIGRANTS
DES TRANSPORTEURS ROUTIERS MANIFESTENT À CALAIS CONTRE LES MIGRANTS

LILLE (Reuters) - Deux convois d'une quarantaine de camions et tracteurs chacun ont commencé lundi matin à converger vers Calais pour bloquer l’autoroute A16 et dénoncer les conséquences de la présence du camp de migrants installé à proximité de cette ville, a-t-on appris de source policière. 

A l’appel de syndicats de transporteurs routiers, de syndicats agricoles et de représentants socio-économiques, des commerçants, routiers et agriculteurs se sont regroupés à Loon-Plage, à proximité de Dunkerque, et à Boulogne-sur-mer.

Les deux cortèges ont pris la route à 8h00 dans le cadre d'une "opération escargot" en direction de Calais, où ils devaient se rejoindre dans la matinée.

La situation s'est tendue dans cette ville portuaire du nord de la France, où le nombre des migrants en situation irrégulière vivant dans un campement sauvage surnommé "la jungle" a atteint 6.900 personnes, selon la préfecture du Pas-de-Calais, contre 4.500 en juin. Selon des associations humanitaires, ils seraient en fait plus de 9.000.

Les transporteurs se plaignent de subir les assauts de migrants, qui dressent des barrages à l’aide de pneumatiques, de branchages et de mobilier urbain pour tenter de monter dans les camions en partance pour la Grande-Bretagne par le tunnel sous la Manche.

A l’appel du "Grand Rassemblement pour le Calaisis", les habitants sont pour leur part invités à se réunir au stade de l’Épopée, à Calais, pour former une chaîne humaine le long de la rocade portuaire avant de rejoindre les barrages sur l’A16.

MAINTENIR LA PRESSION

"On est obligé de faire cela, on est obligé de monter le ton. Depuis des mois la situation devient de pire en pire", explique David Sagnard, transporteur à Calais et président départemental de la Fédération Nationale des Transporteurs Routiers (FNTR).

"Avant, c’était simplement des tentatives pour monter dans les camions. Maintenant il y a des saccages, de la casse, les bâches sont lacérées, les marchandises pillées ou détruites, ce n’est plus acceptable", a-t-il ajouté.

Selon lui, les conducteurs routiers travaillent "la peur au ventre" et les conséquences économiques sont graves.

"Entre les investissements pour la sécurité, le temps passé à vérifier, les dégâts, c’est une perte d’exploitation de 250.000 euros annuels", souligne David Sagnard, qui dit s’attendre à une augmentation des primes d’assurance.

Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, s'est engagé vendredi à démanteler totalement le camp de migrants, sans fixer de calendrier. [nL8N1BE1ID]

Il a également annoncé l'activation d'un "dispositif national de soutien et de solidarité à destination des entreprises en difficulté dans le bassin d’emplois de Calais et du Calaisis".

Le collectif qui réunit des commerçants, des chefs d'entreprises, des transporteurs et des agriculteurs a été reçu par le ministre mais a décidé de maintenir son action, affirmant ne plus pouvoir attendre.

"Si la jungle est démantelée dans trois mois, il se passe quoi pendant ces trois mois ?" demande ainsi David Sagnard.

"Nous devons maintenir la pression, il faut que les autorités comprennent", renchérit Frédéric Van Gansbeke, porte-parole du collectif.

(Pierre Savary, édité par Emmanuel Jarry)

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  • M1945416 il y a 12 mois

    on en entend jamais parler ...