Des "corridors" ouverts aux civils à Alep, l'Onu sceptique

le , mis à jour à 14:49
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 (Actualisé avec réaction de la Russie, 3e paragraphe) 
    MOSCOU/GENEVE, 29 juillet (Reuters) - Le programme 
humanitaire russe pour les civils pris au piège dans les 
quartiers d'Alep devrait être amélioré et l'évacuation prise en 
charge par l'Onu, a estimé vendredi l'émissaire spécial des 
Nations unies pour la Syrie, Staffan de Mistura. 
    "Je pense que les Russes sont ouverts à des améliorations 
importantes", a-t-il déclaré, ajoutant qu'aucun civil ne devait 
être forcé de quitter Alep. 
    La Russie a répondu qu'elle "étudiera soigneusement et 
tiendra compte" des propositions faites par Staffan de Mistura 
en vue d'une amélioration de ses opérations humanitaires à Alep, 
a déclaré l'ambassadeur de Russie aux Nations unies à Genève, 
Alexeï Borodavkine, cité vendredi par l'agence de presse RIA. 
    La France a elle aussi critiqué la création de couloirs 
humanitaires à Alep, jugeant que ce n'était pas une "réponse 
crédible" à la situation que connaît la deuxième ville de Syrie. 
    "Le droit international humanitaire exige que l'aide puisse 
être acheminée de toute urgence", a estimé vendredi le 
porte-parole du ministère des Affaires étrangères. 
    Le gouverneur d'Alep, cité par la télévision publique 
syrienne, a annoncé que trois corridors humanitaires seraient 
mis en place par les troupes russes et syriennes afin de 
permettre aux civils de quitter la ville et que le président 
Bachar al Assad offrait une amnistie aux rebelles qui poseraient 
les armes et se rendraient aux autorités dans les trois mois. 
    La Russie a quant à elle prévu la mise en place d'un 
quatrième couloir humanitaire près de la route du Castello dans 
le nord de la ville pour les rebelles qui se rendraient.  
    Entre 250.000 et 300.000 habitants vivent dans les secteurs 
contrôlés par l'opposition au régime de Bachar al Assad, 
secteurs de facto assiégés par l'armée et ses alliées depuis la 
coupure de la route du Castello, le dernier grand axe de 
ravitaillement des insurgés, début juillet.  
    Un tract, dont l'image a été transmise à Reuters, montre une 
carte de la ville répertoriant les sorties d'Alep sécurisées. 
    L'armée syrienne a dit mercredi avoir largué des milliers de 
tracts sur les quartiers rebelles pour exhorter les habitants à 
coopérer avec les militaires et appeler les combattants insurgés 
à se rendre.  
    Mais deux rebelles et des secouristes contactés dans la 
partie assiégée de la ville ont déclaré que l'armée avait tiré 
sur des civils dans l'un de ces "corridors", dans le quartier de 
Salah al Dine.  
     
    "OPÉRATION HUMANITAIRE" 
    Un médecin travaillant pour une organisation humanitaire a 
également déclaré que les troupes avaient tiré au canon sur des 
familles se rassemblant près d'un autre de ces "corridors", dans 
le quartier de Boustan al Kassr.  
    Hael Asi Hilal, directeur du Croissant rouge syrien dans les 
zones tenues par les rebelles, a déclaré qu'aucune famille 
n'avait pu gagner les zones gouvernementales en raison de la 
présence de tireurs embusqués. 
    Le Comité international de la Croix Rouge (CICR) a réclamé 
que le projet de corridor permette aux civils de choisir s'ils 
veulent rester à Alep ou de quitter la ville. 
    "Ce qu'il faut, c'est une pause humanitaire dans toutes les 
parties d'Alep touchées par la violence", a déclaré Robert 
Mardini, directeur du CICR pour le Proche et Moyen-Orient. 
    Des couches-culottes et des rations alimentaires portant des 
inscriptions en russe ont été larguées par hélicoptère dans la 
journée, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'homme. 
    
    Le régime syrien et l'armée russe vont lancer une "opération 
humanitaire de grande envergure" à Alep, dans le nord de la 
Syrie, pour venir en aide aux habitants, "qui sont devenus les 
otages des terroristes", avait annoncé un peu plus tôt à Moscou 
le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou.  
    Selon le Dr Taoufik Chamaa, de l'Union des Organisations de 
secours et soins médicaux (UOSSM) pour la Syrie, les quartiers 
d'Alep tenus par la rébellion comptent seulement 31 médecins et 
trois dentistes.  
 
 (Alexander Winning, avec Stephanie Nebehay et Tom Miles à 
Genève; Jean-Stéphane Brosse, Laura Martin et Eric Faye pour le 
service français) 
 
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