Des contrats innovants pour sa retraite

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Grâce à des fonds en euros dopés en actions et des supports immobiliers, les assureurs inventent de nouvelles solutions censées assurer de meilleurs rendements.

Les fonds en euros, qui rapportent désormais à peine plus que l'inflation, ne sont plus la panacée pour investir à long terme. Pour les épargnants en quête de meilleurs rendements pour leur future retraite, les assureurs cherchent donc de nouvelles solutions. Generali, par exemple, a lancé en septembre dernier un fonds en euros d'un nouveau genre, Elixence, disponible dans la plupart de ses contrats. Le capital y est garanti à tout moment, comme sur tous les fonds en euros. Les retraits sont libres. Mais ce fonds peut détenir jusqu'à 30% en actions, trois fois plus qu'un fonds en euros classique, où la part des actions varie de 4 à 10% en général. «Sur Elixence, nous dosons l'importance du portefeuille d'actions en fonction de l'évolution des marchés», explique Sonia Fendler, directrice de l'épargne patrimoniale chez Generali.

Des actions, mais sans risque en capital

L'épargnant est ainsi censé profiter des rebonds boursiers, sans risque de perdre sa mise. Mais il accepte en échange de voir son épargne rapporter peu - ou même pas du tout - certaines années, quand la Bourse broie du noir. «Chaque année, les clients reçoivent les gains financiers: les dividendes et coupons (revenus d'obligations) perçus, ainsi que les plus-values (actions notamment) réalisées dans l'année, si les titres ont été vendus», rappelle Sonia Fendler. Si les marchés ont été désastreux, le rendement peut être nul. En 2011, qui laissa pourtant peu de bons souvenirs en Bourse, ce fonds en euros a rapporté 1,90% net de frais de gestion.Mais même quand la Bourse est en solde, le coeur de nombreux Français penche toujours pour la pierre. Faire un placement immobilier avec la fiscalité de l'assurance-vie est pour eux un rêve... devenu réalité. De plus en plus souvent, les contrats d'assurance-vie - par exemple depuis le 1er janvier celui de l'Afer - proposent en effet une unité de compte investie ainsi. Dans certains contrats, il s'agit de parts de société civile immobilière (SCI) ou de portefeuille (SCP), à l'instar de Philosophale, gérée par La Française AM. «L'actif de cette société est composé à 70% de parts de SCPI qui détiennent et louent des bureaux, à 20% de fonds investis en titres immobiliers, comme des foncières cotées en Bourse, et pour 10% de trésorerie», souligne Gilles Grenouilleau, directeur commercial de La Française AM. La performance est donc quand même tributaire des marchés boursiers. Philosophale a rapporté 3,40% l'an dernier, avant frais de gestion du contrat d'assurance-vie lui-même.D'autres contrats donnent, eux, accès à une ou plusieurs SCPI de bureaux. «Les frais d'achat sont en général plus faibles (3 à 4%) que ceux facturés aux souscriptions faites en dehors de l'assurance-vie», note Gilles Grenouilleau. Dans certains cas, le client les paie intégralement au départ. Dans d'autres, l'assureur les règle à sa place en totalité ou en majeure partie, et se rembourse au fil du temps en conservant pour lui une très petite part du rendement versé par la SCPI (par exemple 0,1%). Enfin, dernière piste, les OPCI, des fonds qui ressemblent à des SCPI, mais avec souvent une part de placements financiers (monétaires, actions...) significative à côté des immeubles eux-mêmes.«Dans tous les cas, l'assureur garantit la liquidité, c'est-à-dire le remboursement des parts aux souscripteurs qui désirent récupérer leur capital», rappelle Patrick Canlaire, responsable du développement chez Natixis Assurances Partenaires. Or, l'immobilier, lui, n'est pas un placement liquide (ce fut l'un des soucis des vieux contrats d'assurance-vie immobiliers, les Acavi). C'est pourquoi les compagnies d'assurances se réservent le droit de ne plus commercialiser les supports immobiliers si les montants en jeu deviennent trop importants ; ou ne les distribuent que pendant quelques mois (chez Generali, par exemple). Elles fixent aussi des règles précises, et peuvent limiter, par exemple à 80% d'un versement, les sommes qui peuvent y être placées ou les réserver aux nouveaux versements (à l'exclusion des arbitrages).

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