Des comptes bancaires dévalisés en Chine

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La police chinoise enquête sur la disparition de dizaines de millions de yuans sur des comptes d'épargnants, clients de la banque ICBC, la plus grande de Chine.

Le scandale, a éclaté lorsqu'un client, Yu Bing, a découvert que les 3 millions de yuan (436.000 euros) qu'il avait déposé sur un compte s'étaient volatilisés. Attiré par un taux de rendement très attractif (8% par an) offert par la Industrial Commercial Bank of China (ICBC), la plus grande banque du pays, Yu avait placé son épargne à la succursale de la ville de Shijiazhuang (Nord). Ce client avait ouvert un compte en ligne en avril 2014. Mais en vérifiant son compte douze mois plus tard, il a découvert qu'il ne restait que quelques dizaines de yuans. Après avoir vérifié l'historique, la banque a expliqué que l'argent avait été transféré trois jours après son dépôt.

Un taux inhabituellement élevé

Une autre cliente, Wang Li, figure parmi les victimes de cette fraude très élaborée. Un responsable de la succursale de la banque l'avait persuadée de déposer 10,8 millions de yuans sur un plan d'épargne d'un an offrant des taux d'intérêt trois fois plus rémunérateurs que la moyenne, selon l'agence Nouvelles de Chine. La cliente a constaté début mai qu'il n'en restait plus que la maigrelette somme de 124 yuans (17,80 euros). Elle n'avait jamais reçu la bonne «manette génératrice de codes de sécurité» associée à son compte, et un tiers aurait utilisé celle-ci pour opérer frauduleusement des transferts de fonds. Plusieurs dizaines d'autres épargnants auprès de la même succursale de ICBC à Shijiazhuang ont connu les mêmes déboires, avec des sommes dérobées totalisant «plusieurs dizaines de millions de yuans» selon les médias chinois, qui n'ont pas précisé si la banque indemniserait les victimes. ICBC a par ailleurs assuré que ce plan d'épargne aux taux inhabituellement élevés était légal ; les taux d'intérêt restent étroitement contrôlés par le régime.

L'affaire suscite un vif intérêt chez les internautes chinois. Les fraudes financières sont monnaie courante en Chine, où les épargnants se voient souvent floués et sans recours... quand ils ne sont pas eux mêmes poursuivis. L'homme d'affaires Zhang Jing avait ainsi porté plainte contre l'Agricultural Bank of China à Chongqing (sud-ouest), accusant un employé d'avoir transféré sans son autorisation plus de 1,2 million de yuans hors de son compte. Zhang avait lui même été arrêté et inculpé de fraude en 2007, puis condamné à quatre ans de prison, avant d'être finalement blanchi l'an dernier.

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