Des communes entrent en résistance contre les rythmes scolaires

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PARIS, 3 septembre (Reuters) - L'Etat saisira la justice pour faire ouvrir les écoles fermées le mercredi par les maires hostiles à la réforme des rythmes scolaires, a répété Najat Vallaud-Belkacem, qui évalue à "une quinzaine" le nombre de communes récalcitrantes. Le député-maire de Yerres (Essonne), Nicolas Dupont-Aignan, a pris la tête de la "résistance" contre la réforme, qui s'applique désormais intégralement à 24.000 communes, au motif que les maires ne disposent pas selon lui des moyens d'accueillir correctement les enfants. Le président de "Debout la République" a fait cadenasser mercredi les écoles de sa commune, comme plusieurs autres maires du département. Des parents d'élèves ont trouvé porte close dans d'autres communes françaises. "Il y a une quinzaine de communes qui ont refusé d'ouvrir leurs écoles", a déclaré mercredi la ministre de l'Education, Najat Vallaud-Belkacem, en marge d'un déplacement à Gennevilliers (Hauts-de-Seine). "Comme je l'avais indiqué, nous allons en référer au tribunal administratif, qui fera injonction aux maires d'ouvrir ces écoles et si le maire ne le fait pas, si le maire n'obéit pas à la loi, le préfet le fera à sa place", a-t-elle dit. "C'est à l'Etat qu'il revient, et à l'Etat seul, d'organiser le temps scolaire. Aujourd'hui, les écoles doivent ouvrir cinq matinées et pas quatre", a-t-elle souligné. La réforme des rythmes scolaires introduit une cinquième matinée de classe - généralement le mercredi, parfois le samedi - pour les élèves, matinée qui avait été supprimée par la droite en 2008. L'objectif est de mieux répartir les heures d'enseignement pour les enfants, avec en corollaire des activités périscolaires facultatives à la charge des communes. Pour Nicolas Dupont-Aignan, qui dit être "le porte-parole de milliers de maires" et bénéficier du soutien de nombreux parents, "l'Education nationale se défausse" sur les communes pour assurer la garde de sept millions d'enfants. Il demande au gouvernement du "temps" afin de recruter "les bons animateurs", qu'il chiffre à 150.000. "Le gouvernement est en train de casser l'école de la République et de laisser rentrer dans les écoles des animateurs qui ne sont pas formés pour ça et d'obliger les maires à faire n'importe quoi", a-t-il affirmé. "A la fin, ce sont les parents qui vont recevoir la facture d'impôts locaux, et puis ce sont des enfants qui ne seront plus gardés par des enseignants formés mais par des animateurs qui, malgré leur bonne volonté, ne sont pas suffisamment nombreux avec le niveau de compétences", a dit le député. (Sophie Louet, édité par Yves Clarisse)

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  • dotcom1 le mercredi 3 sept 2014 à 12:43

    Najat démission