Des combattants tchétchènes aux côtés des rebelles ukrainiens

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par Maria Tsvetkova PRES DE DONETSK, Ukraine, 10 décembre (Reuters) - Plusieurs dizaines d'hommes en treillis de camouflage de la république de Tchétchénie scandent le slogan "Allahu Akbar" (Dieu est grand) et s'entraînent dans un camp recouvert de neige dans l'est de l'Ukraine. Ils affirment que leur unité baptisée "Death" (mort), combattant les forces ukrainiennes, compte 300 soldats, principalement d'anciens membres des services de sécurité de cette république à majorité musulmane où Moscou a mené deux guerres contre les rebelles et installé un dirigeant à sa solde, Ramzan Kadirov. Ces combattants tchétchènes ont fait leurs armes lors des conflits de 1994-1996 et de 1999-2000. En Ukraine, certains ont rejoint les rangs des séparatistes pro-russes, d'autres se sont ralliés aux forces loyalistes ajoutant à la complexité d'une guerre qui se double d'un bras de fer entre les Occidentaux et la Russie. "C'est le bataillon de volontaires 'Death'", explique le commandant en second de ce groupe stationné dans un ancien camp touristique transformé en base militaire près du bastion séparatiste de Donetsk. "Nous sommes environ 300 dans la région de Donetsk. Notre expérience des combats remonte à 10 ou 20 ans, depuis 1995", ajoute cet homme d'une quarantaine d'années, répondant au surnom de "Stinger". Il s'exprime en russe avec un fort accent de sa région d'origine. Sur sa casquette est cousu un petit drapeau tchétchène, vert, blanc et rouge. Dans le camp, des voitures immatriculées en Tchétchénie sont garées. La Russie a pris le parti des séparatistes dans l'est de l'Ukraine mais continue de démentir qu'elle fournit une assistance en hommes et en matériel aux rebelles. Certains combattants sur le terrain admettent toutefois qu'ils sont d'anciens soldats russes ou "en permission". Pour Moscou, les Russes qui combattent en Ukraine sont seulement des volontaires. Les deux conflits armés menés par la Russie en Tchétchénie ont considérablement affaibli les insurgés mais n'ont pas éteint les revendications séparatistes. Au moins 20 personnes ont été tuées la semaine passée lors de l'attaque d'un commissariat de Grozny, la capitale régionale, par des hommes armés, quelques heures avant un discours important que Vladimir Poutine devait prononcer à Moscou. Pour Stinger, la Tchétchénie a été détruite par ces deux conflits et elle est redevenue pacifique seulement lorsque les autorités locales ont accepté de s'allier à Moscou. Certains membres du bataillon "Death" ont combattu contre l'armée russe en Tchétchénie avant de changer de camp et d'être amnistiés par Akhmer Kadirov, le père de l'actuel dirigeant de la république. En Ukraine, les hommes de Stinger sont les ennemis jurés d'un autre groupe de Tchétchènes qui combattent avec l'armée et les milices fidèles au gouvernement de Kiev. Certains ont des passeports étrangers après avoir fui la Russie lors des conflits. "Aujourd'hui nous sommes d'(anciens) soldats et officiers de l'armée russe, des forces spéciales russes, principalement des vétérans des campagnes militaires", résume Stinger. (Pierre Sérisier pour le service français) ;))

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