Des clubs de foot communautaires devenus ordinaires

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Lors d'un match entre l'équipe 2 du Maccabi Créteil FC et le Paris Lisbonne Charenton, au parc interdépartemental du Val-de-Marne, le 16 octobre.
Lors d'un match entre l'équipe 2 du Maccabi Créteil FC et le Paris Lisbonne Charenton, au parc interdépartemental du Val-de-Marne, le 16 octobre.

Se regrouper par nationalités ou confessions est une tradition ancienne. De nombreux clubs se forment encore dans les grandes villes et leurs banlieues, mais lorsque la logique sportive entre en jeu, l’entre-soi s’estompe.

Sur le terrain synthétique éclairé par les grands projecteurs, un petit groupe de joueurs adultes s’échauffe en rigolant. Les bavardages font entendre les frottements chuintants particuliers du ­tamazight – le berbère. Mis à part ces ­accents exotiques, rien ne distingue l’équipe du Football club berbère, qui joue après les heures de bureau au stade Bernard-Lama à Villetaneuse ­(Seine-Saint-Denis) ce vendredi soir d’automne. Leurs maillots jaune et vert, siglés d’un écusson zébré d’un « Z » touareg, sont au lavage avant le match de dimanche.

Le club est né voici quatre ans sous l’impulsion d’Abdenour Ouidir, ingénieur d’études commerciales. C’est lui qui a repéré la petite dizaine de jeunes Kabyles de 20 ans qui jouaient le week-end sur un terrain abandonné. « J’arrivais d’Algérie pour suivre des études d’informatique à Jussieu et je n’avais pas de famille ici, raconte Nadir Kheloui, jeune homme frêle de 28 ans. On se retrouvait pour chausser les crampons. Quand on nous a proposé de monter un club berbère, ça nous a plu. Je m’y sens bien, un peu comme si j’étais durant quelques heures à Tizi Ouzou [à une centaine de kilomètres d’Alger]. »

Yazid Nait Allou, étudiant en géographie à la Sorbonne, a connu le club par l’intermédiaire de son oncle quand il est arrivé du bled, il y a deux mois à peine. Pour lui, c’est un sas, une respiration. Tout comme pour son coéquipier sans papier, Norbert N’Guessan, arrivé récemment d’Italie. Ce jeune joueur n’est pas kabyle mais togolais. ...

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  • am013 il y a un mois

    C'est la preuve que le communautarisme gagne du terrain et contrairement à ce que l'on croit, il est surtout prôné par ceux qui le dénoncent