Des centaines de migrants tentent de fuir la Hongrie à pied

le , mis à jour à 21:16
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(Précisions, mort d'un migrant pakistanais) par Krisztina Than ROSZKE, Hongrie, 4 septembre (Reuters) - Un cortège de quelque 500 migrants a quitté Budapest à pied, vendredi, empruntant l'autoroute en direction de Vienne. Des centaines d'autres se sont échappés d'un centre d'accueil et d'un train bloqué depuis deux jours par la police, pour tenter de gagner l'Autriche ou l'Allemagne. A Roszke, près de la frontière serbe, ce sont environ 300 migrants qui ont fui leur centre de rétention. La police s'est lancée à la poursuite des fuyards et a dû interrompre le trafic sur une autoroute de la région. La plupart d'entre eux ont été rattrapés, a-t-elle dit, mais d'autres ont encore réussi à franchir les cordons de sécurité en fin de journée. La police précise que 2.300 personnes toujours dans l'enceinte du camp menaçaient à leur tour de s'enfuir. Trois cents autres migrants ont fui la gare de Bicske, à 35 km à l'ouest de Budapest, où leur train qu'ils croyaient à destination de l'Autriche a été stoppé jeudi matin par la police. Les occupants du train, au nombre d'un demi-millier, ont reçu l'ordre de se rendre dans un camp d'accueil situé non loin de Bicske, mais beaucoup ont refusé et certains ont résisté, s'allongeant sur la voie ou prenant la fuite. D'autres ont affronté les forces de l'ordre pour tenter de regagner le train. "Pas de camp! Liberté!", scandaient-ils devant des dizaines de policiers, qui leur ont apporté de quoi boire et manger. En fin d'après-midi, les occupants du train ont finalement accepté de quitter le convoi volontairement et de rejoindre le camp d'accueil. Un migrant pakistanais a trouvé la mort, a annoncé la police. Selon la télévision hongroise, il a fait une chute mortelle en trébuchant sur une voie ferrée. LE PARLEMENT DURCIT SA LÉGISLATION "Nous ne savons pas ce qui se passe", a déclaré Ahmed Mahmoud, 60 ans, qui s'est présenté comme un ancien officier de l'armée irakienne et souhaite rejoindre sa fille en Belgique. "La police nous a dit: 'Donnez vos empreintes digitales ou vous irez en prison'. Alors on a donné nos empreintes et ils nous ont dit que nous pouvions partir. Mais nous ne pouvons pas aller à l'Ouest", a-t-il déploré. A Budapest, après le départ de quelque 500 autres, un millier de migrants campaient encore à la gare de Keteli où tous les trains à destination d'Europe de l'ouest ont été annulés. La Hongrie appartient à l'espace Schengen, dans lequel la liberté de circulation est garantie, mais les demandeurs d'asile doivent normalement rester dans le pays d'entrée en attendant l'examen de leur demande. Au parlement, les députés ont adopté une nouvelle législation qui ferme de fait la frontière sud aux migrants et prévoit l'ouverture de "zones de transit" où ils sont censés séjourner en attendant la réponse à leur demande d'asile. Si elle est négative, ils doivent être expulsés. Les autorités hongroises ont entrepris la construction d'une clôture le long des 175 km de frontière avec la Serbie et, en vertu du texte adopté vendredi, la franchir ou l'endommager sera désormais considéré comme un délit passible de trois ans de prison. "La réalité, c'est que l'Europe est menacée par un flux massif de personnes, plusieurs dizaines de millions de personnes pourraient venir en Europe", a déclaré vendredi le Premier ministre Viktor Orban au micro de la radio publique. ID:nL5N11A0L4 Face à la perspective d'une fermeture totale de la frontière serbo-hongroise d'ici le 15 septembre, comme le promet Budapest, le gouvernement serbe s'est dit prêt à discuter de la prise en charge d'un certain nombre de demandeurs d'asile tentant de gagner l'UE. ( ID:nL5N11A29L ) Il a également demandé aux Vingt-Huit de l'aider financièrement. L'UE a versé jusqu'à présent 1,7 million d'euros pour aider la Serbie et la Macédoine à faire face à l'afflux de migrants traversant leur territoire. (Avec Marton Dunai et Balazs Koranyi; Jean-Philippe Lefief, Jean-Stéphane Brosse et Guy Kerivel pour le service français)

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