Des centaines de civils tués en Libye depuis août - Onu

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(Avec précisions sur les victimes) par Stephanie Nebehay GENEVE, 23 décembre (Reuters) - Plusieurs centaines de civils ont été tués dans les combats en Libye depuis la fin août, ont déclaré mardi les Nations unies, en avertissant les chefs de guerre qu'ils risquaient d'être poursuivis pour crimes de guerre. Le conflit a chassé 120.000 personnes de chez elles et provoqué une crise humanitaire, lit-on dans le rapport de la Manul (Mission d'appui des Nations unies en Libye) et du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme. Dans le bilan établi par les deux organismes figure la mort, entre la fin août et le début octobre, d'une centaine de personnes dans des combats entre groupes armés à Ouarchefana, une région proche de Tripoli "considérée comme le repaire de nombreux partisans de (Mouammar) Kadhafi ainsi que de criminels de droit commun". Cent soixante-dix civils ont également été tués et des centaines d'autres blessés dans le djebel Nafoussa, dans le sud-ouest du pays. Depuis la mi-octobre, ce sont quelque 450 personnes qui ont péri dans les combats qui se déroulent à Benghazi entre les forces loyalistes et les groupes islamistes qui tiennent la grande ville de l'Est libyen. Des hôpitaux ont été bombardés ou occupés par des groupes armés et une ambulance du Croissant rouge a été utilisée pour lancer une attaque suicide contre un point de contrôle. Ces informations ont été recueillies lors d'une mission des Nations unies à Tripoli et auprès de militants, journalistes et familles de victimes. "Le nombre de décès a été compilé à partir des données des hôpitaux", a déclaré Ravina Shamdasani, porte-parole du Haut Commissariat aux droits de l'homme. IMPUNITÉ Dans une situation déjà chaotique depuis la révolution de 2011 et la chute et l'exécution de Mouammar Kadhafi, la Libye a deux gouvernements parallèles rivaux depuis la prise de Tripoli au mois d'août par les miliciens de l'Aube libyenne, qui ont contraint le gouvernement reconnu par la communauté internationale à s'installer dans l'Est. "Il y a une grave absence de maintien de l'ordre et de recherche des responsables. Ces violations se poursuivent dans l'impunité et il n'y a aucun effort pour faire vraiment cesser cela", a souligné Ravina Shamdasani. "Ces crimes pourraient s'apparenter à des crimes de guerre." S'adressant aux commandants des groupes armés, le Haut Commissaire aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, a prévenu: "Vous êtes pénalement responsables, au regard du droit international, si vous commettez ou ordonnez des violations graves des droits de l'homme, ou si vous ne prenez pas de mesures raisonnables et nécessaires pour empêcher qu'ils ne soient commis, ou pour punir ceux qui en ont commis." Nombre de ces violations pourraient être punissables par la Cour pénale internationale (CPI), qui enquête sur la situation en Libye, avertit le rapport. Mais la probabilité que les auteurs d'abus soient traduits en justice reste très incertaine. (Eric Faye et Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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