Des centaines d'habitants évacués du front en Ukraine

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(Actualisé après l'opération) DEBALTSEVE, Ukraine, 6 février (Reuters) - De nombreux habitants de la ville ukrainienne de Debaltseve, assiégée par les forces séparatistes pro-russes, ont été évacués vendredi par autocar à l'issue d'une opération menée conjointement par les deux camps. Un convoi d'une vingtaine de cars venus des zones contrôlées par le gouvernement de Kiev et un autre convoi de plus de trente autocars venus du bastion rebelle de Donetsk ont convergé dans les rues étroites du centre-ville et sur une petite place proche du siège de l'administration locale. Là attendaient plusieurs centaines d'habitants. "Cinq cents à sept cents personnes ont dit qu'elles partaient aujourd'hui", a déclaré Oleksandr Klymenko, un représentant du gouvernement ukrainien. "Pour ceux qui partent vers Slaviansk (sous contrôle gouvernemental), nous avons des wagons déjà prêts avec des couvertures et du chauffage." Quelque trois mille habitants vivent encore à Debaltseve, qui comptait 25.000 habitants avant le conflit, a-t-il dit. Les deux convois, accompagnés par des observateurs de l'Organisation pour la coopération et la sécurité en Europe (OSCE), ont quitté Debaltseve environ à la même heure. Celui qui est reparti vers Donetsk, située à une soixantaine de km au sud, n'a pris en charge que 60 personnes environ et la plupart des autocars étaient vides. Un chef rebelle de Donetsk, Edouard Bassourine, a déclaré que les autorités ukrainiennes n'avaient pas informé les habitants qu'ils pouvaient rejoindre les zones rebelles. Pendant l'évacuation, des tirs se faisaient toujours entendre, les défenseurs ukrainiens de la ville, positionnés à 200 mètres environ du centre-ville, continuaient de tirer au mortier ou à l'obusier vers des positions des rebelles à la périphérie. Les troupes loyalistes défendent depuis plusieurs semaines la ville de Debaltseve qui abrite un noeud ferroviaire stratégique reliant les deux grandes régions aux mains des pro-russes, celle de Louhansk et celle de Donetsk, contre une offensive des insurgés. "Les deux dernières semaines, c'était l'enfer. On va en territoire ukrainien, on a des proches là-bas", a déclaré Artem Nikichine, un homme de 31 ans, en montant dans un bus avec sa femme et ses deux fils. "Voilà tout ce qu'on possède maintenant", a-t-il ajouté en désignant quelques sacs et des affaires enroulées dans une couverture. L'opération d'évacuation est intervenue alors que François Hollande et Angela Merkel devaient rencontrer Vladimir Poutine dans la journée à Moscou pour promouvoir une nouvelle initiative en faveur de la paix. (Aleksander Vasovic et Gleb Garanich; Pierre Sérisier et Jean-Stéphane Brosse pour le service français, édité par Tangi Salaün)

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