Des casques bleus rwandais tirant sur des civils filmés au Mali

le , mis à jour à 03:17
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par Louis Charbonneau et Michelle Nichols NATIONS UNIES, 6 mai (Reuters) - Un film tourné fin janvier montre un policier rwandais porteur du casque bleu des soldats de la paix au Mali viser soigneusement un manifestant civil, appuyer sur la gâchette et tirer, affirment trois personnes ayant vu cette vidéo. L'enregistrement, tourné en secret par un soldat de la paix chinois qui se trouvait sur les lieux de la manifestation, le 27 janvier dernier, fait partie des preuves présentées à l'Onu qui mène une enquête sur cette affaire qui s'est traduite par le renvoi du contingent rwandais. La manifestation, où les casques bleus ont été accueillis à coups de pierres et de cocktails Molotov, a eu lieu à Gao dans le nord du Mali, brièvement occupé en 2012 par les rebelles séparatistes touaregs et des islamistes liés à Al Qaïda avant que la France n'intervienne début 2013 pour les en chasser. Cette vidéo, qui dure environ deux minutes, n'avait pas été mentionnée quand les Nation unies ont annoncé les conclusions générales de l'enquête le mois dernier. Selon ces conclusions, l'unité policière de l'Onu avait fait "un usage non autorisé et excessif de la force". Trois manifestants avaient été tués. "Ce que nous voyons dans cette vidéo est quelqu'un qui poursuit un manifestant pour ensuite tirer sur lui. C'est très choquant; c'est injustifiable", dit-on de source diplomatique. Les Nations unies voulaient que le peloton concerné soit rapatrié, mais le Rwanda a retiré la totalité de son unité policière, soit 140 personnes, dit-on de source diplomatique. On ne sait pas si le policer concerné a été sanctionné ou poursuivi, souligne-t-on sous le sceau de l'anonymat. Les sanctions pour les crimes commis par les casques bleus relèvent de l'initiative de l'Etat dont ils sont ressortissants. La conduite des soldats de la paix fait l'objet d'un regain d'attention depuis les accusations d'agressions sexuelles dont sont soupçonnés des militaires français, tchadiens et de Guinée équatoriale en République centrafricaine. Les faits se seraient produits en 2014, avant la création officielle de la mission des Nations unies dans le pays. (Danielle Rouquié pour le service français)

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