Des casques bleus congolais accusés de meurtre en Centrafrique-HRW

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    par Joe Bavier 
    ABIDJAN, 7 juin (Reuters) - Des soldats de la République du 
Congo servant sous l'uniforme des Nations unies et de l'Union 
africaine (UA) se sont rendus coupables de meurtres en 
Centrafrique, accuse mardi l'ONG Human Rights Watch (HRW). 
    La République centrafricaine a plongé dans le chaos en 2013 
lorsque des milices majoritairement musulmanes, les Seleka, se 
sont emparées du pouvoir, provoquant un conflit avec les 
miliciens chrétiens anti-balaka. 
    HRW affirme que des soldats venus du Congo ont torturé à 
mort deux dirigeants anti-balaka et en ont exécuté publiquement 
deux autres en février 2014. Ils auraient également battu deux 
civils à mort en juin 2015. 
    L'ONG dit en outre qu'une fosse commune a été retrouvée près 
d'une base anciennement occupée par des soldats congolais dans 
la ville de Boali. Elle contenait les restes de douze individus 
arrêtés par les casques bleus le 24 mars 2014. 
    "La découverte de douze corps est une preuve accablante d'un 
crime effroyable commis par des soldats de maintien de la paix 
congolais, qui avaient été envoyés pour protéger la population, 
et non pour s'attaquer à elle", a déclaré Lewis Mudge, chercheur 
sur l'Afrique à Human Rights Watch.  
    "Les autorités de la République du Congo ne devraient pas 
fermer les yeux sur les preuves croissantes de meurtres commis 
par leurs soldats à Boali et ailleurs." 
    Les Nations unies ont pris la responsabilité du maintien de 
la paix en septembre 2014, jusque là assumée par l'UA, et elles 
ont depuis été visées par de nombreuses accusations d'exactions. 
Selon HRW, la force de l'Onu a insisté pour que les soldats 
impliqués dans les meurtres présumés soient rapatriés au Congo. 
  et   
     
    SOLDATS MUTÉS 
    "Simplement muter les troupes hors de la République 
centrafricaine sans autres conséquences envoie le message que 
les soldats de maintien de la paix peuvent commettre des 
meurtres en toute impunité", a jugé Lewis Mudge. "Aucun soldat 
de maintien de la paix ne devrait être au-dessus des lois." 
    Selon Stéphane Dujarric, porte-parole des Nations unies, des 
enquêteurs de l'Onu se sont penchés sur ces accusations et ont 
remis le résultat de leurs investigations aux autorités locales. 
    Au moins 13 personnes, dont cinq femmes parmi lesquelles une 
était enceinte de six mois, et deux enfants, ont été arrêtées au 
domicile d'un dirigeant anti-balaka après un affrontement lors 
duquel un soldat congolais a trouvé la mort, dit le rapport de 
HRW. 
    Selon des témoins entendus par HRW, des cris et deux séries 
de coups de feu ont été entendus dans la nuit en provenance de 
la base de l'armée. En février, le site a été fouillé par une 
organisation locale et les victimes identifiées grâce à leurs 
vêtements. 
    HRW dit avoir contacté les autorités du Congo à de multiples 
reprises au cours des deux dernières années, le président Denis 
Sassou Nguesso, notamment, afin qu'une enquête soit lancée et 
que les responsables de ces meurtres soient punis. 
    Aucune mesure n'a depuis été prise, regrette HRW. Un 
responsable du ministère congolais de la Défense a de son côté 
assuré qu'une enquête était en cours et a démenti que les 
informations transmises par HRW ont été ignorées. 
    "Le Congo coopère avec les Nations unies pour vérifier la 
véracité des allégations contre ses soldats", a déclaré Romain 
Oba, porte-parole du ministère de la Défense. "Nous attendons 
les résultats." 
 
 (Avec Louis Charbonneau aux Nations unies, Christian Elion à 
Brazzaville, Nicolas Delame pour le service français) 
 
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