Des candidats présumés au djihad empêchés de quitter la France

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PARIS (Reuters) - Une quarantaine de mesures d'interdiction de sortie du territoire sont en préparation à l'encontre de Français soupçonnés de vouloir aller faire le djihad en Syrie, a annoncé lundi le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve.

D'ores et déjà, six majeurs se sont vu signifier ces jours derniers une telle interdiction, qui peut être contestée devant le tribunal administratif, a-t-il précisé à la presse.

Il s'agit de la première application de la mesure phare du nouvel dispositif antiterroriste mis en place par le gouvernement pour faire face aux filières de recrutement de combattants en France.

Ces six personnes, "essentiellement des jeunes", ont vu leurs passeports et leurs cartes d'identité confisqués pour six mois renouvelables et se sont vu remettre en échange un récépissé.

Bernard Cazeneuve a souligné que cette mesure avait vocation à monter en puissance pour limiter les risques terroristes, en particulier dans la perspective d'un retour en France de djihadistes susceptibles de frapper sur le territoire.

"Si des Français partent commettre des exactions en Irak et en Syrie, à leur retour, ils représentent un danger plus grand encore pour le territoire national et risquent de commettre des actes terroristes de grande ampleur", a-t-il dit.

Certains candidats présumés au djihad ont été signalés par leurs proches, par le biais d'un numéro vert mis en place au ministère de l'Intérieur et d'autres ont été repérés lors des multiples enquêtes en cours, a-t-on précisé de source policière.

Bernard Cazeneuve a déclaré lors d'un déplacement à Washington que plus de 400 ressortissants français se trouvaient désormais en Irak et en Syrie et que 1.400 au total étaient impliqués d'une manière ou d'une autre dans des réseaux de combattants étrangers.

Il a rencontré vendredi dans la Silicon Valley des représentants des géants de l'internet pour leur faire part de son inquiétude quant à l'utilisation des réseaux sociaux par les organisations djihadistes.

Bernard Cazeneuve a précisé qu'il verrait de nouveau des opérateurs internet en avril à Paris.

Le ministre a souligné que son gouvernement avait désormais autorité pour "bloquer" la diffusion d'un contenu considéré comme dangereux, les décrets d'application ayant été publiés il y a une dizaine de jours.

(Gérard Bon, édité par Yves Clarisse)

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  • jean.e le lundi 23 fév 2015 à 15:10

    qu ils partent qu ils reviennent pas

  • dhote le lundi 23 fév 2015 à 14:20

    A la guerre comme à la guerre disaient nos anciens et ils prenaient immédiatement les décisions qui s'imposaient alors que là on tergiverse, on leur dit qu'ils peuvent saisir le T.A., n'importe quoi!!!

  • sense78 le lundi 23 fév 2015 à 14:13

    Belle efficacité de nos dirigeants : 4 mois de procédures pour empêcher 6 sous-ra-cailles de partir se faire sauter en Syrie en gardant ainsi le loup dans la bergerie. Irres-ponsables !

  • charleco le lundi 23 fév 2015 à 13:35

    Une autre solution est de les laisser partir, mais de ne pas les laisser revenir? D'ailleurs, c'est le plus souvent un voyage sans retour.