Des bonnets rouges occupent la sous-préfecture de Morlaix

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PARIS (Reuters) - Environ 200 salariés de l'entreprise agroalimentaire en difficulté Tilly-Sabco, deuxième exportateur de poulets français, ont occupé lundi la sous-préfecture de Morlaix (Finistère) pour réclamer des aides.

Les manifestants, portant des bonnets rouges mais dont l'action n'est pas directement liée à l'écotaxe, ont détruit la grille d'entrée du bâtiment pour pénétrer dans la cour où ils ont allumé des feux.

Le préfet du Finistère, Jean-Luc Videlaine, a prévenu que cette occupation ne serait pas tolérée longtemps.

"On va continuer la discussion avec ceux qui sont sur place et l'appel à la raison. Mais une situation de blocus prolongée ne serait pas tolérable", a-t-il dit sur BFMTV.

Présent sur les lieux, Daniel Sauvaget, le PDG de Tilly-Sabco, a expliqué faire partie intégrante des manifestants, sans être l'initiateur de l'opération, pour exprimer "le ras-le-bol" de la profession.

"Il y a 5.000 emplois en jeu dans notre filière", a-t-il dit sur la même chaîne.

Les salariés de la société en difficulté financière ont dit vouloir camper sur place "jusqu'à l'arrivée de Stéphane Le Foll", le ministre de l'agriculture, attendu vendredi en Bretagne.

Tilly-Sabco a annoncé la semaine dernière qu'à partir de janvier, l'entreprise cesserait son activité de poulet export, qui représente 90% de son chiffre d'affaires. Cette décision menace un millier d'emplois, selon elle.

Les salariés réclament surtout la réinstauration des subventions européennes à l'exportation supprimées en juillet dernier par la Commission de Bruxelles.

La France se taillait la part du lion dans ces aides puisqu'elle a absorbé 93,7% du budget européen de 55 millions d'euros qui y était consacré pour la campagne 2012-2013. Leur suppression n'a suscité aucune protestation dans les autres pays de l'Union européenne.

La Commission a justifié la mesure par la baisse des cours des aliments pour les volailles et les bonnes perspectives d'exportation vers les pays tiers à l'Union européenne.

Le gouvernement français a demandé à l'exécutif européen de revenir sur sa position, au moins temporairement, le temps de trouver une solution à la crise de l'élevage en Bretagne.

Gérard Bon, édité par Yves Clarisse

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