Des bombes à fragmentation utilisées en Ukraine, pense HRW

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KIEV, 21 octobre (Reuters) - Les forces ukrainiennes, et peut-être les rebelles séparatistes pro-russes, semblent avoir utilisé des bombes à fragmentation dans l'est de l'Ukraine, rapporte mardi Human Rights Watch (HRW). Les bombes à fragmentation, ou armes à sous-munitions, explosent avant de toucher le sol et dispersent ainsi plusieurs autres petites bombes. Leur utilisation est interdite par une convention internationale entrée en vigueur en 2010 mais que l'Ukraine n'a pas ratifiée. Dans un communiqué, HRW dit avoir enquêté pendant une semaine dans l'est de l'Ukraine, où les combats ont fait plus de 3.700 morts depuis le début de l'insurrection armée des séparatistes pro-russes en avril. L'organisation de défense des droits de l'homme est parvenue à la conclusion que les bombes à fragmentation étaient largement utilisées dans ce conflit. Si elle ne peut désigner avec certitude les responsables de ce type de bombardements, elle écrit que "les éléments pointent vers une responsabilité des forces gouvernementales ukrainiennes pour plusieurs attaques à l'aide de bombes à fragmentation" commises ce mois-ci à Donetsk, bastion des séparatistes. "Il est choquant de constater qu'un type d'armes interdit par la plupart des pays soit si largement utilisé dans l'est de l'Ukraine", déclare Human Rights Watch. Cette dernière a recensé 12 largages de bombes à fragmentation qui ont fait au moins six morts et des dizaines de blessés mais le nombre de victimes pourrait être plus élevé. Les autorités ukrainiennes ont rejeté ces accusations. "Nous n'utilisons pas de bombes à fragmentation. Elles ne peuvent être utilisées que par l'aviation et nos avions ne volent plus depuis l'annonce d'un cessez-le-feu le 5 septembre", a réagi Andriy Lissenko, porte-parole des forces ukrainiennes. Un autre porte-parole, Vladislav Selezniov, a qualifié ces accusations de "complètement absurdes". HRW ajoute que "bien que non concluantes, certaines circonstances donnent à penser que les forces antigouvernementales pourraient aussi avoir été responsables de l'utilisation de bombes à fragmentation". Il n'a pas été possible d'obtenir une réaction des séparatistes pro-russes dans l'immédiat. La Russie dément alimenter les séparatistes en armes et en hommes mais HRW l'invite néanmoins à ne pas avoir recours à des bombes à fragmentation et à adhérer à la convention internationale sur le sujet. (Timothy Heritage et Pavel Polityuk; Bertrand Boucey pour le service français, édité par Danielle Rouquié)

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