Des banques fraudeuses devront payer $6 mds d'amendes

le , mis à jour à 19:30
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* Barclays déboursera $2,4 mds et licenciera 8 personnes * Citi, Barclays, JPMorgan et RBS plaideront coupable * La Fed a infligé plus de $1,8 md d'amendes à six banques (Actualisé avec les dérogations après le 2e intertitre) par Karen Freifeld, Steve Slater et Katharina Bart NEW YORK/LONDRES/ZURICH, 20 mai (Reuters) - Quatre grandes banques ont plaidé coupable mercredi de tentative de manipulation des taux de change et six au total devront payer des amendes d'un montant global de près de six milliards de dollars (5,4 milliards d'euros) dans le cadre d'un accord qui marque sans doute le point culminant de la répression internationale de cette fraude à grande échelle. Au total, les autorités américaines et européennes ont infligé plus de 10 milliards de dollars de pénalités à sept banques accusées de n'avoir rien fait pour empêcher leurs traders de partager des informations confidentielles sur les ordres de certains clients dans le but d'augmenter leurs profits sur le marché des changes. Des traders de Citigroup C.N , JPMorgan Chase JPM.N , Barclays BARC.L et Royal Bank of Scotland RBS.L qui se décrivaient eux-mêmes comme "le Cartel" ont utilisé des systèmes de messagerie instantanée et un langage codé pour manipuler le cours du dollar ou de l'euro entre décembre 2007 et janvier 2013, selon les autorités américaines. Ces quatre banques ont plaidé coupable de manipulation concertée du marché des changes, sur lequel les transactions représentent jusqu'à 5.000 milliards de dollars par jour. C'est pour la britannique Barclays que la note est la plus salée mercredi avec un montant total de 2,4 milliards de dollars, le groupe bancaire n'ayant pas accepté un précédent accord amiable, annoncé en novembre, avec certaines autorités britanniques et américaines. ID:nL6N0T2134 "PILE JE GAGNE, FACE TU PERDS" Barclays a en outre dû licencier huit de ses salariés et l'autorité de contrôle du secteur des services financiers de l'Etat de New York a averti qu'elle continuait de surveiller les systèmes électroniques de la banque. "Pour dire les choses simplement, les salariés de Barclays ont contribué à manipuler le marché des changes. Ils ont participé à un mécanisme du type 'pile je gagne, face tu perds' pour dépouiller leurs clients", a déclaré Benjamin Lawsky, le régulateur financier de l'Etat de New York, dans un communiqué, ajoutant qu'"il reste du travail". Barclays a inscrit dans ses comptes 3,2 milliards de dollars de provisions pour couvrir les coûts liés au dossier des changes. Le montant annoncé étant inférieur aux provisions, l'action Barclays gagnait 3,1% à 14h40 GMT à la Bourse de Londres. De son côté, UBS, qui n'a pas eu à plaider coupable dans le dossier des changes, devra le faire dans celui de la manipulation des taux d'intérêt de référence Libor et paiera 203 millions de dollars d'amende à la justice américaine et 342 millions à la Réserve fédérale, la banque centrale des Etats-Unis. Cette dernière a sanctionné six banques au total pour pratiques malsaines et dangereuses sur le marché des changes, dont Bank of America BAC.N à hauteur de 205 millions de dollars. DÉROGATIONS Selon deux sources proches du dossier, après ces nouvelles sanctions, Citigroup et JPMorgan vont bénéficier de dérogations leur permettant de continuer à placer des titres et de faire des transactions avec les fonds mutuels et indiciels. La Securities and Exchange Commission (SEC) devrait confirmer publiquement la mise en place des dérogations une fois que les banques auront officiellement notifié leurs arguments, peut-être dès mercredi, ont ajouté les sources. Barclays a bénéficié d'une dérogation équivalente, a précisé une autre source. La SEC n'a fait aucun commentaire dans l'immédiat. Plaider coupable n'est en effet pas sans risque et les banques courtisaient la SEC, le gendarme de Wall Street, et d'autres organes de régulation pour obtenir des dérogations au cas où leur plaidoirie leur interdirait de participer à certaines activités comme les placements de titres ou le trading d'emprunts d'Etat. Ces dérogations ont jusqu'alors été accordées sans difficulté mais cette pratique fait à présent polémique, surtout à la SEC où la commissaire démocrate Kara Stein reproche à l'organisme d'être trop laxiste vis-à-vis des établissements récidivistes et d'accorder ces dérogations de manière trop systématique. (Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)


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