Des attentats de l'EI font plus de 120 morts sur la côte syrienne

le , mis à jour à 14:55
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 (Nouveau bilan) 
    BEYROUTH, 23 mai (Reuters) - Des attentats à la bombe 
revendiqués par l'organisation Etat islamique (EI) ont fait plus 
de 120 morts lundi à Tartous et Jableh, deux villes situées sur 
la côte méditerranéenne de la Syrie, dans une région qui héberge 
des bases russes, rapporte l'Observatoire syrien des droits de 
l'homme (OSDH). 
    Dans sa revendication diffusée par l'agence de presse Amaq, 
liée au groupe djihadiste, l'EI précise que ses commandos ont 
visé des rassemblements d'Alaouites, la branche de l'islam 
chiite à laquelle appartient le président syrien Bachar al 
Assad. 
    D'après l'OSDH, les attaques ont fait au moins 120 morts 
dans les deux villes. L'Observatoire, qui avait auparavant parlé 
de 53 morts à Jableh et 48 à Tartous, ajoute qu'il y a en outre 
des dizaines de blessés. 
    Les médias publics syriens avancent de leur côté un bilan 
provisoire de 78 morts. 
    Au total, l'OSDH dit avoir recensé au moins cinq attentats 
suicide et deux attentats à la voiture piégée dans ces deux 
villes, distantes de 70 km environ le long de la côté 
méditerranéenne. 
    Jamais depuis le début du conflit syrien, il y a cinq ans, 
le "pays alaouite" avait été aussi lourdement frappé par des 
attentats. Le choix des cibles est aussi symbolique, Tartous 
hébergeant une base navale russe et Jableh, dans la province de 
Lattaquié, étant située près d'une base aérienne utilisée par 
l'aviation russe pour bombarder les ennemis de Bachar al Assad. 
     
    LE KREMLIN SE DIT "INQUIET" 
    Réagissant à ces attaques, le Kremlin a exprimé son 
inquiétude et estimé que le regain de violences en Syrie 
soulignait la nécessité de poursuivre les négociations de paix 
sous l'égide de l'Onu. 
    Ces négociations sont au point mort depuis des semaines, en 
raison de positions inconciliables sur l'avenir politique de 
Bachar al Assad, et, après diverses tentatives de cessez-le-feu, 
les combats ont repris de plus belle dans les régions d'Alep et 
Damas où rebelles d'une part et forces gouvernementales appuyées 
par leurs alliés iraniens et libanais d'autre part ont lancé de 
grandes offensives. 
    La ville de Lattaquié, située au nord de Jableh, a aussi été 
le théâtre de violences par le passé mais jamais les violences 
n'étaient jusqu'alors descendues plus au sud le long de la côte. 
    Des images diffusées par la chaîne progouvernementale 
Ikhbariya et par des partisans du régime de Damas sur les 
réseaux sociaux montrent des carcasses de véhicules calcinés à 
Jableh et des empilements de corps des victimes à l'arrière de 
pick-ups. 
    Interrogé par Ikhbariya, le ministre syrien de l'Information 
Omran al Zoubi a accusé les "terroristes" de s'attaquer aux 
civils au lieu de combattre sur les lignes de front. 
    Des attentats revendiqués par l'EI ont également fait de 
nombreuses victimes depuis le début de l'année à Damas et Homs, 
dans le centre du pays. 
 
 (John Davison, avec Dmitry Solovyov à Moscou; Henri-Pierre 
André et Tangi Salaün pour le service français) 
 
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