Des assurances pour mobiles très chères

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Les clients ont versé 432 millions d'euros pour assurer leur mobile. Mais selon l'UFC-Que choisir, ils sont peu et mal couverts en cas de perte, vol ou panne.

«Je ne peux pas dire que l'assurance ne sert à rien, mais il y a une vraie imposture dans la situation actuelle», déclare Alain Bazot, président de l'UFC-Que choisir. Alors que 2 millions de smartphones vont être vendus durant la période de Noël, l'association de consommateurs UFC-Que choisir a décortiqué les garanties des «assurances», souvent proposées avec les mobiles et affirme que les consommateurs sont très mal protégés.

Elle leur reproche quatre inconvénients majeurs. Primo, la présentation de ces assurances, par les vendeurs et les brochures, est au mieux lacunaire, au pire trompeuse: les garanties sont surestimées et les exclusions masquées. Secundo, UFC affirme que dans de nombreux cas les consommateurs ne sont pas couverts. «Pertes et pannes sont rarement couvertes. Le vol n'est bien couvert que quand il y a violence ou effraction, cas très minoritaires. Pour les dommages, il faut un "événement extérieur" jouant dans la survenance du sinistre. Au final, la couverture réelle est bien plus faible que la teneur du discours commercial», explique l'UFC-Que choisir.

Plus grande vigilance

Tertio, l'association rappelle que la loi Chatel, qui permet de résilier son forfait de téléphone mobile avant sa fin d'engagement, ne s'applique pas aux contrats d'assurance. «Ainsi, les clients ont souvent du mal à sortir des contrats, alors même que leur utilité à long terme est faible, en raison de la perte rapide de valeur de leur téléphone, souvent -50% dès la première année», indique l'association.

Enfin, comparé aux autres assurances, le coût des assurances téléphone est élevé: «c'est au bas mot, 1/12e du prix du téléphone neuf par an, contre 1/1000e en assurance habitation. Alors que la valeur du téléphone baisse, cela n'est pas compensé par une baisse de cotisation». Le coût de l'assurance parait d'autant plus important que les sinistres sont faibles, voire en baisse comme pour le vol qui a reculé de 33% entre 2007 et 2010.

Au final, l'étude de l'UFC-Que choisir souligne que pour 432 millions d'euros payés par les clients, les assureurs n'en reverseraient que 77 millions d'euros. «Ce très faible ratio -17,8%, contre environ 70% en assurances auto ou habitation - s'explique par une politique de commissionnements des distributeurs et courtiers aussi inadmissible qu'opaque: 35% en moyenne pour le premier, et 20% pour le second», regrette l'association.

L'UFC-Que choisir appelle donc les consommateurs à la plus grande vigilance, et a mis en ligne sur son site des outils d'information et de résiliation. Parallèlement, l'association demande aux pouvoirs publics d'intervenir afin de mieux encadrer ce marché.

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