Des aoûtiens plus nombreux mais moins dépensiers

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Les professionnels de la restauration déplorent des baisses de 5 à 15% de leur chiffre d'affaires ce mois-ci.

Crise oblige, les Français sont seulement une petite moitié à être partis en vacances en cet été 2013. Ce phénomène n'a rien d'inédit. Il en est de même depuis trois ans. Mais, ce qui est nouveau, c'est que, une fois le grand départ programmé et financé, une fois le lieu de villégiature choisi, les migrants estivaux privilégient désormais des hébergements et une restauration «gratuits», dans leurs familles ou chez des amis.

Un changement de comportement qui se fait au détriment des hôtels et campings. «La forte progression de cet hébergement non marchand, ajouté aux échanges d'appartements, grignote inévitablement des parts d'activité aux professionnels», reconnaît Hervé Becam, vice-président de l'Umih (Union des métiers et des industries de l'hôtellerie). Sans compter que même les vacanciers qui paient leur hébergement optent pour des séjours plus courts. Ils dépensent moins, vont moins au restaurant.

Moins dépensiers, les vacanciers aoûtiens, français et étrangers, n'en ont pas moins été plus nombreux. À tel point que le mois d'août a sauvé, en termes d'affluence, une saison qui avait mal débuté pour les professionnels du tourisme. La hausse de la fréquentation touristique a pu atteindre + 5 à + 10 % ce mois-ci sur le littoral du Nord et en Normandie. Même tendance en Bretagne ou dans le Sud.

Disparités régionales

Le taux d'occupation des hôtels, dopé par les touristes étrangers, a finalement mieux résisté que prévu. Selon le cabinet de conseil hôtelier MKG Hospitality, il a été de 79,1 % (+ 7,8 points comparé à août 2012) à Paris les trois premières semaines d'août, alors qu'il faisait du surplace en province, à 69,3 %. Reste que cette affluence est inégale. La Dordogne aurait ainsi vu le nombre de ses visiteurs fondre de 30 %. Et puis le retour des vacanciers ne s'est pas partout accompagné d'une hausse des dépenses.Selon des données provisoires, plusieurs restaurateurs estiment ainsi que leur chiffre d'affaires a reculé de 5 % en août.

En Aquitaine et Languedoc-Roussillon, dans le secteur de l'hébergement commercial (hôtels, campings), des entreprises accuseraient une chute de 10 % de leurs ventes.

«Au niveau national, la hausse de la fréquentation permettra, en dépit de ces déceptions, sur l'ensemble du mois d'août, d'afficher des chiffres d'affaires stables dans l'hôtellerie et restauration», rassure Hervé Becam.

C'est, en revanche, la rentabilité des professionnels qui devrait accuser le coup. Pour remplir leurs établissements, certains ont cassé les prix. «En multipliant les promotions et les réservations de dernière minute, qui supposent des commissions d'agences de voyages, beaucoup ont mis à mal leurs résultats», explique-t-il.

Autant dire que cet été en demi-teintes n'a pas été des plus rentables. Il n'aura pas, non plus, permis de compenser une très difficile année 2013. Encore sous le coup d'un printemps pluvieux, les hôtels, résidences et campings de province et des stations balnéaires risquent d'accuser un recul de 10 % de leur chiffre d'affaires sur l'année.

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  • annelion le lundi 26 aout 2013 à 13:52

    Oui bon, peut-être. Fait reste que les resto diminuent les prestations sous prétexte de faire des économies.

  • fortunos le dimanche 25 aout 2013 à 23:54

    Rien d anormal le phenomene va s amplifier.Il suffit parfois d une petite demiheure pour preparer un repas pour 2 et economiser ainsi 30 ou 40 euros pour un repas mieux cuisiné et plus frais et meilleur pour la santé40 euros x 2 soit 80 euros par h,de nombreux travailleurs et meme cad sup voudraient bien les gagner

  • P.Baelen le dimanche 25 aout 2013 à 23:10

    On va pleurer avec les restaurateurs ... quand on sera repassé à un taux TVA normal.