Des agents turcs impliqués dans des livraisons d'armes en Syrie

le , mis à jour à 17:13
1

ADANA, Turquie, 21 mai (Reuters) - Les services de renseignement turcs ont contribué à des livraisons d'armes dans des secteurs de Syrie aux mains de djihadistes, fin 2013 et début 2014, selon des documents juridiques dont Reuters a pu prendre connaissance. Les autorités turques nient avoir founir des armes aux insurgés et, a fortiori, avoir favorisé l'émergence de l'Etat islamique qui est désormais une source d'inquiétude pour elles aussi. Dans sa hâte de voir le président Bachar al Assad écarté du pouvoir, elles ont laissé armes et combattants franchir la frontière turco-syrienne et certains seraient venus grossir les rangs de l'Etat islamique, disent des alliés occidentaux d'Ankara et le gouvernement syrien. Depuis quelques mois, les contrôles sont toutefois plus strictes, selon des sources officielles et diplomatiques. D'après les dépositions de gendarmes entendus par la justice, des roquettes en pièces détachées, des obus de mortier semi-finis et d'autres types de munitions ont été acheminés par camions et sous escorte des services de renseignement dans des zones de Syrie tenues par des extrémistes islamistes. Quatre camions ont été fouillés par la gendarmerie - le premier le 7 novembre 2013 et les trois autres le 19 janvier 2014 - dans la province d'Adana sur ordre du parquet local, qui avait été alerté de la présence d'armes à bord, selon les procureurs qui font maintenant eux-mêmes l'objet de poursuites. Le premier camion a été saisi mais les trois autres ont pu poursuivre leur route grâce à l'intervention des agents des services de renseignement nationaux (MIT), qui ont menacé les gendarmes et se sont physiquement opposés à la fouille. Les trois camions interceptés le 19 janvier, qui appartiennent aux MIT, transportaient du matériel humanitaire, a assuré le président turc Recep Tayyp Erdogan. "Notre enquête a montré que certains fonctionnaires ont aidé ces personnes à livrer leur chargement", a déclaré le 4 mai à Reuters le procureur Ozcan Sisman, qui a ordonné la fouille du 7 novembre. Ce dernier et un de ses collègues ont depuis été arrêtés sur ordre du procureur national pour avoir ordonné des fouilles illégales. Dans le mandat d'arrêt délivré pour Ozcan Sisman, dont Reuters a également pu prendre connaissance, le Conseil supérieur des juges et procureurs l'accuse d'avoir révélé des secrets d'Etat et terni l'image du gouvernement en faisant croire à sa complicité avec les terroristes. (Humeyra Pamuk et Nick Tattersall, Jean-Philippe Lefief pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • nmaalouf le jeudi 21 mai 2015 à 17:48

    Oui mais Erdogan avait la bénédiction de la coalitions internationales sous commandement américain.Cette coalition n'a pas vu, pourtant dans un lieu désertique et découvert, l'avancée de leurs pions vers Palmyre. C'est normal Palmyre ne vaut rien pour la civilisation du chewing-gum. Mais l'Europe !!!???