Dernières tractations sur la réorganisation du capital d'EADS

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LE NOUVEL ACTIONNARIAT D?EADS
LE NOUVEL ACTIONNARIAT D?EADS

par Cyril Altmeyer et Philipp Halstrick

PARIS/BERLIN (Reuters) - Banquiers, hauts-fonctionnaires et industriels marchandent d'ultimes concessions mardi dans le cadre des négociations sur la réorganisation du capital du groupe d'aérospatiale et de défense EADS, a-t-on appris mardi de sources proches du dossier.

Les tractations complexes entre les partenaires allemands au sein d'EADS sur l'entrée de Berlin au capital du groupe retardent l'annonce d'un accord. Mais sauf surprise de dernière minute, les grandes lignes politiques semblent avoir été arrêtées.

L'action EADS a progressé en Bourse pour la deuxième séance d'affilée dans l'espoir qu'une simplification de la structure du groupe, contrôlé par un pacte d'actionnaire datant de 2000 et réunissant des intérêts publics et privés français et allemands.

Le titre a clôturé mardi en hausse de 0,49% à 26,57 euros.

"Les négociations sur une nouvelle structure de l'actionnariat progressent bien", a déclaré un porte-parole du ministère allemand de l'Economie. "Mais il reste encore des détails importants à régler. Les participants ont toujours pour objectif de trouver une solution dès que possible".

Cette étape historique de l'histoire d'EADS signera l'entrée au capital de l'Etat allemand, tout en permettant la sortie en bon ordre du groupe de médias français Lagardère et du constructeur automobile allemand Daimler.

Ces deux actionnaires industriels représentaient jusqu'à présent les intérêts de la France et de l'Allemagne au sein d'EADS.

Même si la part totale des Etats augmentera dans le capital d'EADS avec l'arrivée de l'Allemagne aux côtés de la France et l'Espagne, la sortie des actionnaires industriels mandataires et la réduction des droits de veto des gouvernements diminueront les risques d'ingérences, soulignent les analystes.

POSSIBLE RACHAT D'ACTIONS

Avec huit milliards d'euros de trésorerie nette, EADS devrait procéder à un rachat d'actions si nécessaire pour redynamiser le cours de l'action à la suite de la sortie des actionnaires industriels, mais une source proche des discussions a déclaré qu'aucune décision n'avait encore été prise.

Une telle opération, qui serait proposée à tous les actionnaires, serait "plus efficace" qu'un simple ramassage de titre, a précisé cette source sous le couvert de l'anonymat.

La France et Allemagne détiendront chacune 12% du capital et des droits de vote et l'Espagne 4%, soit un total inférieur au seuil de 30% déclenchant une prise de contrôle de la société, selon la législation des Pays-Bas où EADS est enregistré.

Le flottant passera ainsi de 49,5% à plus de 70% du capital.

La France, qui détient actuellement une participation de 15% d'EADS, devrait en loger 3% dans une fondation néerlandaise sans droits de vote. L'Espagne possède de son côté 5,5% d'EADS.

Du côté des actionnaires industriels, Daimler détient 15% mais 22,5% de droits de vote et Lagardère a 7,5%.

L'accord anticipé prévoit que l'Allemagne atteindra 12% du capital en deux phases. Elle rachètera dans un premier temps les actions d'un consortium constitué en 2006 pour permettre à Daimler de réduire sa participation tout en conservant ses droits de vote, puis elle procèdera ensuite à l'acquisition de 4,5% supplémentaires auprès de Daimler.

La dissolution du consortium "Dedalus" de banques publiques et privées détenant 7,5% du capital d'EADS apparaît comme l'aspect délicat des négociations, tout comme la définition des conditions précises de la sortie de Daimler et de Lagardère.

Anticipée vendredi puis lundi, l'annonce interviendra probablement cette semaine, a déclaré une source au fait des discussions, sans vouloir se montrer plus précise.

PAS DE NOUVELLE TENTATIVE AVEC BAE

Les discussions sur la réorganisation de la gouvernance d'EADS se sont accélérées après l'échec du projet de fusion avec BAE Systems en octobre.

La nouvelle organisation du capital reprend en partie le schéma prévu dans le cadre de la fusion avortée avec BAE -des blocs fixes de participations minoritaires des Etats dotés de privilèges spécifiques pour les gouvernements en plus d'une série d'accords spéciaux de sécurité.

Des responsables ont exclu une nouvelle tentative de fusion avec BAE, au moins à court terme. Le refus de l'Allemagne de voir se déplacer le centre de gravité d'EADS semble en effet intact.

Le président exécutif d'EADS a écarté lundi tout projet de reprendre des discussions avec BAE lors d'une réunion d'investisseurs à Londres, selon les notes d'analystes publiées après le premier des deux jours de cet évènement.

"Au sujet d'une autre tentative de fusion, le président a été clair qu'aucune grande opération de fusion-acquisition n'était à l'ordre de jour à ce stade", écrit Rob Stallard, analyste chez RBC Capital Market.

Les investisseurs ont salué l'objectif fixé lundi pour EADS et Airbus d'une marge opérationnelle de 10% en 2015 hors développement du futur long-courrier A350.

Le président exécutif d'Airbus, Fabrice Brégier, a déclaré lundi à Reuters que l'avionneur dépasserait son objectif de 650 commandes brutes cette année - il en comptait 646 à fin novembre, soit 585 nettes. L'avionneur a livré 516 appareils à fin novembre, a-t-il ajouté, non loin de son objectif d'environ 580 livraisons cette année.

Avec la contribution de Tim Hepher et Gernot Heller; édité par Nicolas Delame

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