Dernière ligne droite pour Paris et ArcelorMittal sur Florange

le
1
LES NÉGOCIATIONS SUR FLORANGE DEVRAIENT ARRIVER À LEUR TERME
LES NÉGOCIATIONS SUR FLORANGE DEVRAIENT ARRIVER À LEUR TERME

par Julien Ponthus

PARIS (Reuters) - Les discussions entre ArcelorMittal et le gouvernement français sur fond de possible nationalisation du site de Florange se poursuivaient jeudi, 24 heures avant l'expiration du délai fixé par le géant de l'acier pour clore les négociations.

"Ils sont en train de faire tout ce qui est possible pour avoir une réponse avant demain minuit", a déclaré le leader syndical CFDT Edouard Martin à la presse après avoir rencontré le directeur de cabinet du Premier ministre Jean-Marc Ayrault.

"Il n'y aura pas qu'une réponse sur Florange mais une réponse globale sur le périmètre d'ArcelorMittal France", a-t-il ajouté, rapportant les propos de Christophe Chantepy.

Les services du Premier ministre confirment qu'ils sont en contact avec "toutes les parties prenantes du dossier".

"C'est ici que cela se passe", dit une conseillère de Jean-Marc Ayrault, précisant que si le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, avait été en première ligne dans la communication, c'était à Matignon que les négociations étaient conduites.

François Hollande, qui a eu, selon Arnaud Montebourg, une discussion "rude et ferme" mardi avec le PDG du groupe Lakshmi Mittal, a déclaré être aussi mobilisé.

"J'ai l'intention de trouver une solution pérenne en termes d'emplois et d'activité sur le site de Florange", a déclaré le président français en marge de la visite d'une PME en banlieue parisienne, aux côtés d'Arnaud Montebourg.

"Le ministre du Redressement productif est là, le Premier ministre s'est également mobilisé, nous avons encore quelques jours pour y parvenir", a-t-il souligné, laissant entendre, comme le disent des sources gouvernementales, que les négociations pourraient se prolonger durant le week-end.

En officialisant le 1er octobre dernier l'arrêt des hauts-fourneaux de Florange, ArcelorMittal avait fixé un délai de deux mois, qui prend fin samedi, pour permettre au gouvernement de trouver un repreneur pour la phase à chaud non rentable.

Mais, faute de trouver un investisseur pour les seuls hauts-fourneaux, le gouvernement a émis l'hypothèse de nationaliser l'intégralité du site, donc également la rentable et stratégique "phase à froid" dont ArcelorMittal n'entend pas être dépossédé.

DÉPLACER LE PROBLÈME

"Les discussions se poursuivent avec les personnes concernées", indique-t-on du côté d'ArcelorMittal, précisant que les deux parties s'étaient mises d'accord pour ne pas communiquer durant les négociations.

Des sources au fait de la position d'ArcelorMittal avancent que le numéro un mondial de l'acier a plusieurs arguments à faire valoir, notamment le fait qu'il est peu probable que le site de Florange soit viable dans son périmètre actuel pour un éventuel repreneur.

On note en effet que les marges du site sont déjà faibles et que la demande d'acier devrait encore baisser en 2013.

En outre, rien n'obligerait ArcelorMittal à fournir son savoir-faire technologique pour la phase à froid qui fournit une industrie automobile "exigeante" en terme de qualité.

Les sources mettent aussi en avant le fait que rallumer les hauts-fourneaux de Florange aurait pour conséquence de faire baisser mécaniquement la demande pour ceux de Dunkerque, ce qui reviendrait à simplement déplacer le problème.

Le gouvernement a légalement la possibilité de faire voter une loi pour nationaliser Florange contre indemnisation, puis de revendre le site à un autre groupe sidérurgique qui maintiendrait les hauts-fourneaux en activité.

Cette hypothèse a gagné en crédibilité quand Arnaud Montebourg a annoncé mercredi avoir trouvé un repreneur industriel pour la totalité du site de Florange qui serait prêt à y investir 400 millions d'euros.

La perspective d'une nationalisation de Florange n'est pas sans risque pour le gouvernement français, ne serait-ce que parce qu'elle pourrait susciter une multiplication des appels à l'aide des autres secteurs en difficulté, jugent des économistes.

La présidente du Medef, Laurence Parisot, a déclaré jeudi trouver "scandaleuse" la menace de nationalisation, une mesure pourtant défendue par les syndicats et qui a trouvé un écho favorable tant à gauche qu'à droite.

Avec Elizabeth Pineau, Jean-Baptiste Vey, Emmanuel Jarry et Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • M5441845 le jeudi 29 nov 2012 à 20:25

    Après Florange il faudra nationaliser les chantiers de St Nazaire, PSA Aulnay, les raffineries en difficultés qu'on refuse de fermer alors qu'on se félicite de consommer moins de produits pétroliers...