Dernier jour de ferveur autour du corps de Mandela à Pretoria

le
0

par Peroshni Govender

PRETORIA (Reuters) - Des dizaines de milliers de Sud-Africains ont défilé vendredi devant la dépouille de Nelson Mandela, exposée une ultime journée à Pretoria avant l'inhumation prévue dimanche dans le village d'enfance du héros de la lutte anti-apartheid.

La foule était telle devant l'Union Buildings, siège du gouvernement dans le centre de Pretoria, que les cordons de sécurité ont été parfois débordés. Le gouvernement a demandé aux Sud-Africains n'ayant pas encore fait le déplacement de rester chez eux.

"Nous ne sommes pas en mesure de garantir que tous ceux qui sont actuellement dans les files d'attente auront accès à l'Union Buildings", explique le gouvernement.

En début de matinée, la foule était déjà estimée à 50.000 personnes au moins et serpentait sur plusieurs kilomètres vers la colline où se trouve le bâtiment et qui surplombe la capitale sud-africaine.

A l'un des points de contrôle installés pour fluidifier l'attente, le ton est monté avec les forces de sécurité quand un portique de détection a été renversé. Plusieurs personnes sont tombées. A un autre endroit, la police a dû repousser des gens qui tentaient d'enjamber des barrières de sécurité.

"Je suis vraiment en colère, cela fait deux jours à présent que nous essayons de voir M. Mandela et de le remercier pour avoir changé notre pays et nous avoir rassemblés. Maintenant, nous allons devoir rentrer chez nous le coeur lourd", témoigne Ilse Steyn, une habitante de Pretoria.

Un peu plus loin, une femme venue de Johannesburg, Elsie Nkuna, explique que cela ne la dérange pas d'attendre. Elle a posé deux jours de congés pour venir à Pretoria. "Aujourd'hui, c'est le dernier jour et je dois le remercier. Si je suis ce que je suis et où je suis, c'est grâce à cet homme", ajoute-t-elle.

INHUMATION DIMANCHE

Longeant le cercueil, certains marquent une pause pour s'incliner sur sa dépouille. Son visage est visible. Son corps vêtu d'une chemise à motifs verts et dorés, de celles qu'il aimait porter. Vendredi, c'est un de ses petits-enfants, Mandla, qui se tenait à côté du cercueil, recevant d'un sourire les condoléances de la foule en deuil.

Le cercueil du champion de la lutte contre la ségrégation raciale, mort le 5 décembre à l'âge de 95 ans, a été transporté mercredi matin à Union Buildings, où il avait été investi en 1994 premier président noir dans l'Afrique du Sud de l'après-apartheid.

Quelque 21.000 personnes ont été comptabilisés mercredi devant son cercueil, 39.000 jeudi, selon des données communiquées à la radio publique par Collins Chabane, ministre à la Présidence.

Samedi, le corps de "Madiba" sera transféré sur la terre de ses ancêtres, à Qunu, à 700 km au sud de Johannesburg, dans la province du Cap-Oriental, où il sera porté en terre le lendemain lors d'une cérémonie bien plus modeste que l'hommage mondial qui lui a été rendu mardi au Soccer City Stadium de Johannesburg.

Outre la famille, quelques dignitaires étrangers participeront à ces funérailles d'Etat, dont le prince Charles. La France sera représentée par deux anciens Premiers ministres, Lionel Jospin et Alain Juppé.

Le révérend Jesse Jackson, figure du mouvement des droits civiques aux Etats-Unis, est également attendu.

Henri-Pierre André pour le service français; édité par Pascal Liétout

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant